Transferts de la diaspora : l’Afrique a reçu 124,2 milliards de dollars en 2025

Les envois de fonds vers l’Afrique ont atteint 124,2 milliards de dollars en 2025, selon un rapport du FIDA relayé par Libération. Essentiels pour de nombreux ménages, ces transferts ont progressé de 86 % depuis 2016, mais leur coût demeure un enjeu pour les familles bénéficiaires.

Les transferts d’argent des migrants continuent de représenter une ressource majeure pour les familles des pays à revenu faible ou intermédiaire. Selon les données d’un rapport du Fonds international de développement agricole, FIDA, rapportées par Libération, ces flux ont atteint 728,6 milliards de dollars en 2025.
 
L’Afrique a reçu 124,2 milliards de dollars, un montant en hausse de 86 % par rapport à 2016. À l’échelle de l’ensemble des pays étudiés, la progression s’établit à 94 % sur la même période, soit une croissance nettement supérieure à celle du nombre de migrants originaires de ces pays, estimée à 28 %.
 
Derrière ces volumes financiers se trouvent des envois réguliers, généralement compris entre 300 et 400 dollars, effectués neuf ou dix fois par an. Le rapport indique qu’environ 220 millions de migrants et de membres des diasporas soutiennent ainsi quelque 1,1 milliard de proches.
 
Pour les bénéficiaires, près des trois quarts de l’argent reçu servent à financer les besoins essentiels, notamment l’alimentation, le logement et les services de base. Le reste contribue à la santé, à l’éducation, à l’épargne et aux activités économiques.
 
Les économies rurales occupent une place importante dans cette circulation de ressources. Près de 233 milliards de dollars leur seraient parvenus en 2025. Les ménages bénéficiaires investiraient également environ 22 milliards de dollars par an dans les systèmes agroalimentaires ruraux.
 
Ces transferts peuvent aider les familles à faire face aux conséquences d’un choc climatique, à compenser une perte de revenus ou à reconstruire après une catastrophe. Leur importance peut toutefois accroître la vulnérabilité des ménages aux difficultés rencontrées par les migrants dans les pays d’accueil.
 
Le rapport évoque notamment les conséquences possibles des expulsions, des restrictions d’accès à l’emploi ou d’un recul de la demande de main-d’œuvre. Selon les propos de Pedro de Vasconcelos, responsable au FIDA, relayés par Libération, les données ne faisaient cependant pas apparaître de baisse générale des envois au moment de leur présentation.
 
Sur le plan régional, l’Asie-Pacifique demeure la première bénéficiaire, avec 384,9 milliards de dollars, soit 53 % du total étudié. L’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu 168,6 milliards de dollars et enregistré la plus forte progression sur la décennie, avec une hausse de 132 %.
 
Le coût des transferts reste un obstacle. Les services entièrement numériques présentent un coût moyen de 4,6 % du montant envoyé, contre 7,3 % pour les services non numériques. Pourtant, seuls 35 % des services étudiés en 2025 permettaient une opération intégralement numérique, de l’expéditeur au bénéficiaire.
 
Le FIDA appelle à réduire les frais, à renforcer leur transparence et à élargir l’accès aux services financiers. L’organisation rappelle également que ces fonds sont des ressources privées et familiales : leur importance ne les destine pas à remplacer les investissements publics, la protection sociale ou l’aide humanitaire.

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