PSD : sa relance pourrait offrir à Diomaye un bilan concret sur le désenclavement du Sénégal

Dakar – Et si le désenclavement routier devenait l’un des marqueurs concrets du bilan du président Bassirou Diomaye Faye ? La question mérite d’être posée alors que l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE Sénégal) continue de référencer le **Programme Spécial de Désenclavement (PSD)** et que de nouveaux signaux apparaissent autour de la relance des programmes routiers destinés aux zones rurales.

Le dossier est loin d’être anodin. Le PSD représente un programme national annoncé à **453 milliards de FCFA**, couvrant les **14 régions du Sénégal**, avec un objectif de plus de **2 700 kilomètres de routes**. Selon les données publiées par l’AGEROUTE, le programme devait notamment améliorer l’accès des populations rurales aux routes praticables, faciliter l’évacuation des productions et rapprocher les populations des services essentiels.

Pour le régime actuel, une véritable relance et surtout l’achèvement de projets attendus depuis plusieurs années constitueraient donc un résultat particulièrement visible sur le terrain.

## Un programme déjà lancé, mais qui attend une nouvelle impulsion

Il serait inexact de présenter le PSD comme une création du régime de Bassirou Diomaye Faye. Le programme existait déjà et plusieurs marchés avaient été engagés avant l’arrivée de l’actuel pouvoir.

Les données arrêtées au **31 décembre 2022** par l’AGEROUTE faisaient état de **21 marchés de travaux déjà signés**, représentant **336,65 milliards de FCFA TTC**, soit environ **74 % du programme**, pour un linéaire de **956 kilomètres**.

Mais c’est précisément là que se situe l’enjeu  politique et économique pour le pouvoir actuel.

Le bilan d’un gouvernement ne se mesure pas uniquement au nombre de programmes annoncés. Il se mesure également à sa capacité à **reprendre les dossiers existants, sécuriser leur financement, résoudre les blocages, relancer les chantiers et livrer effectivement les infrastructures aux populations**.

Dans cette perspective, une relance réussie du PSD pourrait permettre au président Diomaye Faye de présenter des résultats très concrets dans des territoires où les populations attendent depuis longtemps l’amélioration de leurs conditions de déplacement.

## 453 milliards de FCFA et plus de 2 700 kilomètres : l’enjeu est national

L’ampleur du PSD permet de comprendre pourquoi sa relance serait politiquement significative.

Le programme est présenté comme un programme couvrant les **14 régions du Sénégal**, avec un coût global de **453 milliards de FCFA** et un objectif de réalisation de **plus de 2 700 kilomètres de routes**.

L’ambition affichée par l’AGEROUTE était notamment de permettre à **80 % de la population rurale d’avoir accès à une route praticable**, tout en favorisant l’implication des entreprises nationales et la création d’emplois.

L’agence estimait à environ **11 millions** le nombre de personnes susceptibles d’être impactées par le programme.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’un simple programme de voirie concernant quelques localités. Le PSD touche à la question beaucoup plus large de **l’aménagement équilibré du territoire**.

## De Malem Hodar à Kédougou, des territoires directement concernés

L’une des forces du programme réside dans la diversité des territoires concernés.

Dans le centre du pays, le PSD référence notamment le tronçon **Malem Hodar – Delbi**, long de 19 kilomètres, ainsi que **RN1 – Malem Thérigne – Hamdalaye 2**, sur 8 kilomètres, et **Delbi – Darou Minam 2**, sur 51 kilomètres.

Dans le **Pakao**, plusieurs axes sont également concernés. La documentation de l’AGEROUTE mentionne notamment la **Rive gauche du Pakao**, sur 76 kilomètres, ainsi que l’axe **Sandiniéri – Karantaba – Diareng – Maka – Moyafara – Kolibantang – Saré Yoba**, sur 63 kilomètres.

S’y ajoutent **Maka – Diop Kounda**, sur 3,5 kilomètres, et **Kolibantang – Saré Tening**, sur 9,5 kilomètres.

Le programme prévoit également la liaison **Taïf – Sadio – Guérle**, longue de 22 kilomètres.

## Le Ferlo et le nord du Sénégal au cœur du désenclavement

Le désenclavement du Ferlo constitue également un volet important.

L’AGEROUTE référence le projet **Ranérou – Oudalaye et RN3 – Vélingara Ferlo**, qui concerne des territoires où les difficultés de mobilité ont longtemps constitué un frein au développement économique et social.

Dans le nord du pays figure aussi l’important axe **Ndioum – Bombodé – Labgar – Dodji – Linguère**, annoncé sur **155 kilomètres**.

Pour les populations du Ferlo et des zones rurales du nord, la réalisation de tels axes peut avoir un impact direct sur le transport des personnes, l’évacuation des productions, l’accès aux services et les échanges avec les grands centres urbains.

## Kaolack, Nioro et le bassin arachidier également concernés

Le programme s’intéresse également à plusieurs axes du bassin arachidier.

L’AGEROUTE référence notamment **Firgui – Dabaly – Kaymore – Thisse**, sur 21 kilomètres.

Sont également mentionnées les pistes **Keur Ayip – Keur Samba Kouta**, sur 17 kilomètres, et **Nioro du Rip – Keur Sinthiou**, sur 7 kilomètres.

L’intérêt économique de ces infrastructures est évident : dans une région où l’agriculture occupe une place centrale, l’état des routes influence directement les conditions de transport et d’écoulement des productions.

## Kédougou et Tambacounda : un enjeu stratégique

Le Sénégal oriental occupe une place particulière dans la problématique du désenclavement.

L’un des projets les plus importants référencés dans le PSD est l’axe **Bembou – Khossanto – Sabodala – Kayan**, annoncé sur **107 kilomètres**, auquel s’ajoute l’aménagement de **10 kilomètres de routes en pavés dans les traversées d’agglomérations**.

Le programme référence également la liaison **Bandafassi – Dindéfelo**, qui concerne une zone particulièrement importante pour l’accessibilité et le développement touristique de Kédougou.

Autre axe majeur : **Goudiry – Dianké Makha – Sadatou**, sur **117 kilomètres**, avec des voiries à Tambacounda et Goudiry totalisant 11 kilomètres.

Pour cette partie du pays, le désenclavement représente aussi un enjeu économique stratégique, compte tenu du potentiel agricole, pastoral, touristique et minier de la région.

## Thiès et Ndiaganiao ne sont pas oubliés

Le PSD ne concerne pas uniquement les zones les plus éloignées de Dakar.

Dans la région de Thiès, l’AGEROUTE référence l’axe **Nguekhokh – Tène Toubab – Tassette – Ndiaganiao**, sur **40 kilomètres**, ainsi que **Ndiaganiao – Sandiara**, sur **14,4 kilomètres**.

Ces infrastructures peuvent contribuer à renforcer les échanges entre les localités, les zones de production et les principaux axes routiers.

Le désenclavement n’est donc pas uniquement une question de distance géographique. Il concerne aussi la capacité des territoires à être mieux intégrés aux circuits économiques nationaux.

## Pourquoi cela pourrait compter dans le bilan de Diomaye

C’est ici que la dimension  politique du dossier devient particulièrement intéressante.

Le président Bassirou Diomaye Faye n’aurait évidemment pas créé le PSD. Une partie importante de sa conception et de ses engagements est antérieure à son arrivée au pouvoir.

Mais s’il parvient à **relancer effectivement les travaux, débloquer les opérations en attente, sécuriser les financements et surtout faire livrer des infrastructures**, il pourra légitimement inscrire ces réalisations dans son bilan.

C’est une nuance importante.

**Reprendre un projet existant et le mener à son terme est aussi une réalisation gouvernementale.**

Pour les populations, la question est d’ailleurs beaucoup plus simple que les débats  politiques : elles veulent savoir si la route sera construite, si elle sera praticable toute l’année et si elle permettra réellement de réduire leurs difficultés quotidiennes.

Une route achevée est un résultat visible. Une route en chantier est une promesse. Une route annoncée est encore un projet.

## Le désenclavement, un bilan qui se voit sur le terrain

C’est probablement l’un des avantages politiques d’un programme comme le PSD.

Contrairement à certaines réformes dont les effets sont difficiles à percevoir immédiatement, une route terminée se voit.

Elle change les temps de déplacement, facilite le transport des marchandises, améliore l’accès aux marchés et peut modifier profondément l’organisation économique d’une localité.

L’AGEROUTE avait elle-même identifié plusieurs objectifs économiques et sociaux : améliorer l’accessibilité des zones de production et des marchés, soutenir l’agriculture, l’élevage, la pêche et les activités minières, mais aussi faciliter l’accès aux services sociaux de base.

Pour le pouvoir de Diomaye, réussir sur ce terrain permettrait donc de transformer un programme d’infrastructures en **résultat politique directement perceptible par les citoyens**.

## Le signal du PUD « RELANCE »

Un élément récent mérite particulièrement d’être surveillé.

Le **8 septembre 2026**, l’AGEROUTE a publié un avis à manifestation d’intérêt relatif à la formation de son personnel sur les conditions de gestion des contrats FIDIC, dans le cadre du **Programme d’Urgence des routes de Désenclavement – RELANCE**. La date limite de soumission est fixée au 22 septembre 2026.

Ce signal est intéressant.

Il ne permet pas encore d’affirmer officiellement que **le PSD lui-même est relancé sous cette appellation**. L’AGEROUTE distingue dans les documents disponibles le PSD et le PUD RELANCE.

Mais il montre que **la relance des programmes de désenclavement routier est bel et bien à l’agenda en 2026**.

Et c’est précisément cette évolution qu’il faudra suivre dans les prochains mois.

## Des appels d’offres qui renforcent le signal

La dynamique ne se limite pas au seul avis du mois de septembre.

En juillet 2026, l’AGEROUTE a également publié un appel d’offres relatif à des **travaux d’entretien, de réhabilitation et de construction de pistes de désenclavement dans les régions de Tambacounda et Kédougou**, répartis en deux lots.

Ces éléments donnent davantage de consistance à l’hypothèse d’une nouvelle phase d’accélération des programmes de désenclavement.

## Le vrai défi : passer de la relance aux réalisations

Pour le régime de Bassirou Diomaye Faye, le défi sera désormais de transformer cette dynamique administrative en résultats concrets.

Il faudra notamment savoir :

* quels projets seront effectivement relancés ;
* quels chantiers seront achevés ;
* quels marchés seront attribués ;
* quels financements seront mobilisés ;
* quels délais seront retenus ;
* et surtout combien de kilomètres seront réellement livrés aux populations.

C’est sur ces résultats que le bilan pourra être jugé.

Car les chiffres du PSD donnent déjà une idée de l’ampleur du défi : **453 milliards de FCFA, plus de 2 700 kilomètres ciblés, 14 régions et jusqu’à 11 millions de personnes potentiellement concernées**.

## Diomaye peut-il faire du désenclavement un marqueur de son bilan ?

La réponse dépendra évidemment de l’exécution.

Mais le potentiel est considérable.

Si la relance se confirme et si les chantiers reprennent effectivement dans plusieurs régions, le président Bassirou Diomaye Faye pourra mettre en avant une  politique de **continuité utile** : reprendre des programmes existants, les réorganiser, les accélérer et les transformer en infrastructures effectivement livrées.

Ce serait d’autant plus significatif que le désenclavement touche directement les populations qui vivent loin des grands centres urbains.

Dans ces territoires, le bilan d’un gouvernement ne se mesure pas seulement aux discours ou aux annonces. Il se mesure aussi à l’état des routes devant les maisons, aux camions qui peuvent ou non accéder aux zones de production, au temps nécessaire pour rejoindre un marché, un hôpital ou une école.

## Un chantier qui peut changer la perception du bilan

Le PSD pourrait ainsi devenir davantage qu’un simple programme routier.

S’il est effectivement relancé et exécuté, il pourrait constituer l’un des dossiers permettant au pouvoir actuel de démontrer sa capacité à **faire aboutir des projets lourds, répartis sur l’ensemble du territoire et directement utiles aux populations**.

Le défi est donc immense, mais l’opportunité l’est tout autant.

Le Sénégal dispose déjà d’un portefeuille de projets considérable. La question n’est plus seulement de savoir combien de kilomètres ont été annoncés, mais combien seront effectivement construits et livrés.

**C’est là que se jouera une partie du bilan.**

Et si la relance annoncée des programmes de désenclavement se transforme en chantiers visibles à Malem Hodar, dans le Pakao, le Ferlo, le bassin arachidier, Thiès, Tambacounda ou Kédougou, le président Bassirou Diomaye Faye disposera d’un argument de poids : **celui d’avoir contribué à transformer des projets routiers longtemps attendus en réalisations concrètes sur le terrain.**

## Une attente désormais tournée vers l’action

Pour les populations concernées, le débat politique est finalement secondaire.

Ce qu’elles attendent, ce sont des routes praticables, des délais respectés et des ouvrages durables.

Le PSD dispose déjà d’une architecture nationale et d’un portefeuille de projets important. L’AGEROUTE continue de le référencer, tandis que les initiatives récentes autour du **PUD RELANCE** montrent que le désenclavement demeure au cœur de l’action routière.

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