Les députés appelés à accélérer le processus de révision de la loi anti-tabac

Dakar, (APS) – La présidente de la Commission de la santé, de la population, des affaires sociales et de la solidarité nationale de l’Assemblée nationale, Khady Sarr, a appelé, mercredi, les députés à accélérer le processus de révision de la loi N°2014-14 du 9 avril 2014 relative à la fabrication, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage du tabac.

”Tant que nous continuons à traîner le pas [sur la révision de la loi], le tabac continue[ra] à faire des dégâts chez nos jeunes populations”, a-t-elle averti, appelant les élus à assumer leur responsabilité dans la protection des populations.

Elle s’exprimait lors d’une session de renforcement des capacités des parlementaires sur l’importance de la révision de cette législation, organisée par la commission de l’Assemblée nationale en charge de la Santé, en partenariat avec le Forum civil.

Mme Sarr a souligné que la révision de la loi de 2014 est d’autant plus nécessaire avec l’évolution rapide des produits du tabac et l’émergence de nouveaux produits et modes de consommation.

Elle a estimé que les travaux devraient permettre de fournir aux parlementaires les arguments et éléments techniques nécessaires pour porter le processus de révision de la loi.

”Pour la loi de 2014, on demande vraiment la révision, et je pense que ça avance”, a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts engagés.

La présidente de la commission a particulièrement insisté sur l’importance d’introduire, dans le nouveau dispositif législatif, une taxe parafiscale destinée au financement de la lutte antitabac et de la santé.

Cette mesure permettrait, selon elle, de mobiliser des ressources supplémentaires pour soutenir durablement les actions de lutte contre le tabagisme.

Elle a rappelé que les initiatives de plaidoyer menées avec les partenaires ont déjà contribué à faire évoluer la taxation du tabac, estimant toutefois qu’il faut désormais aller plus loin à travers une réforme législative.

Le nouveau cadre juridique devra ainsi, d’après elle, être ”modernisé et renforcé” afin de mieux protéger les jeunes, encadrer les nouveaux produits et renforcer les mécanismes de prévention et de contrôle.

Au-delà de l’aspect réglementaire, la mise en place d’une taxe parafiscale affectée à la lutte anti-tabac permettrait de financer des activités de prévention, d’éducation pour la santé, d’aide au sevrage tabagique ainsi que des travaux de recherche.

”C’est un investissement rentable pour la santé publique et pour l’avenir de notre société”, a-t-elle soutenu.

Mme Sarr a, par ailleurs, invité les participants à faire de cette session un espace permettant de transformer la volonté politique en ‘’action législative tangible’’.

Le coordonnateur du Forum civil, Matar Sylla, a, pour sa part, réitéré la volonté de la société civile de faire réviser la loi afin que les nouveaux produits soient pris en compte par la législation.

Il a également salué l’idée d’une parafiscalité qui permettrait de financer les soins de santé occasionnés par les méfaits du tabac.

NSS/OID/HK/MTN

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