Abdoulaye Wollé Ndiaye dit « Gounass » : le Sénégalais qui produit sept émeraudes zambiennes sur dix

Parti de Médina Gounass pour la Zambie dans les années 1970, Abdoulaye Ndiaye a fondé Grizzly Mining en 1997. Selon le rapport minier 2025 de PwC, sa société a produit 23 944 kilogrammes d’émeraudes en 2024, soit 70,2 % de la production zambienne.

Il y a des trajectoires que la presse sénégalaise raconte peu, parce qu’elles se sont écrites ailleurs. Celle d’Abdoulaye Wollé Ndiaye, que tout le monde appelle « Gounass », en fait partie.

Sept émeraudes zambiennes sur dix

Le chiffre vient d’une source indépendante, et c’est ce qui lui donne son poids. Dans son rapport minier 2025 consacré à la Zambie, le cabinet PwC établit que la production nationale d’émeraudes a atteint 34 104 kilogrammes en 2024, contre 22 118 l’année précédente.

Sur ce total, Grizzly Mining a fourni à elle seule 23 944 kilogrammes, soit 70,2 %. Kagem, filiale du britannique Gemfields, en a produit 9 649 kilogrammes (28,3 %) et Pridegems 511 kilogrammes (1,5 %).

Sur les cinq premiers mois de 2025, la part de Grizzly monte même à 81,9 %, avec 7 561 kilogrammes.

Autrement dit : lorsqu’une émeraude sort de terre en Zambie, elle a sept chances sur dix de venir d’une mine dirigée par un Sénégalais.

Du négoce à la mine

Le début du parcours est plus incertain que ne le laissent croire certains récits. Le profil professionnel publié sur la plateforme The Marque situe ses débuts dans le commerce des émeraudes à Lufwanyama, dans la Copperbelt zambienne, en 1972. Forbes Africa, dans un article de décembre 2023, place en revanche sa première venue à Kitwe en janvier 1978. Six ans d’écart, que les sources disponibles ne permettent pas de trancher.

Ce qui est en revanche établi par l’entreprise elle-même : Grizzly Mining a été fondée en 1997 par Abdoulaye Ndiaye, qui en est le président. La société se présente aujourd’hui comme l’un des plus grands producteurs mondiaux d’émeraudes de haute qualité.

Entre les deux, il y a un passage par la technique. Selon Forbes Africa, il s’est rendu en Israël pour étudier la gemmologie et y a appris la taille et le polissage des diamants et des émeraudes. Ce n’est donc pas un investisseur venu au minéral par le capital, mais un homme qui a d’abord appris à lire la pierre.

Ce que les sources ne disent pas

Deux réserves méritent d’être posées d’emblée.

La première tient à l’identité. Aucun document consulté ne relie explicitement, dans un même texte, le « Abdoulaye Wollé Ndiaye » que la presse sénégalaise connaît comme fondateur du groupe Daakaa Média et l’« Abdoulaye Ndiaye » de Grizzly Mining. Le rapprochement repose sur trois éléments concordants : la même origine à Médina Gounass, le même surnom, et la présence d’une société nommée Wolle Mining Limited dans la structure capitalistique zambienne aux côtés d’Abdoulaye Ndiaye. C’est un faisceau solide, pas une preuve documentaire unique.

La seconde tient aux effectifs. Trois chiffres circulent et ne s’accordent pas : plus de 4 000 salariés selon son profil professionnel, plus de 1 000 dont 95 % de Zambiens selon Forbes Africa, plus de 800 selon d’autres sources. Nous ne retenons aucun de ces chiffres comme établi.

Sur la production annuelle, en revanche, la société et Forbes Africa concordent : environ 60 millions de carats par an, et plus de 170 millions de carats extraits depuis l’origine.

Sources : PwC, Zambia Mining Report 2025 · Grizzly Mining · Forbes Africa (décembre 2023) · The Marque · Mining Weekly

( Les News )

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