Iran met en garde contre toute aide des pays du Golfe à l’armée américaine

L’Iran a mis en garde mercredi 19 août les pays du Golfe contre toute assistance à l’armée américaine, qui serait considérée comme un soutien aux opérations militaires de Washington contre la République islamique, a déclaré le chef des forces armées iraniennes. Israël a accusé mardi la Turquie d’être une « menace » et de se préparer à envoyer des troupes en Syrie, peu après que des frappes sur une base aérienne syrienne ont été imputées à Israël. De son côté, l’Iran a nié avoir lancé des missiles vers les Émirats arabes unis, qui ont coupé leurs relations diplomatiques avec Téhéran. Suivez notre direct.

Animé par :Léo Roussel – SOURCE RFI

Ce qu’il faut retenir

► Israël a accusé ce mardi 18 août la Turquie de représenter une « menace » et de préparer un envoi de troupes en Syrie. Ankara dénonce des « allégations infondées ». Plus tôt ce mardi, la Syrie a accusé Israël d’avoir mené des frappes sur la base aérienne militaire d’Abou Douhour, au nord-ouest du pays. Les États-Unis, qui imputent également les frappes menées en Syrie à Israël, ont dénoncé une « escalade inutile ».

► Mardi soir, la France a annoncé qu’elle allait prochainement expulser deux diplomates iraniens en représailles à la décision de l’Iran de décréter persona non grata deux diplomates de l’ambassade de France à Téhéran, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

► L’Iran a nié ce mardi avoir lancé des missiles en direction des Émirats arabes unis, en réponse à l’accusation par Abou Dhabi du tir par Téhéran de deux missiles balistiques qui visaient des navires dans le Golfe. Plus tôt dans la soirée de mardi, les Émirats arabes unis ont également annoncé suspendre leurs relations commerciales et les transactions financières avec l’Iran.

Le nombre de passages dans le détroit d’Ormuz baisse encore, selon des données préliminaires

Le nombre ⁠de navires ​ayant traversé le détroit d’Ormuz est reparti à la baisse mardi, tombant ​à six contre neuf lundi et une moyenne mobile de 11 sur 10 jours, selon des données préliminaires publiées mercredi 19 août. Celles-ci montrent ​que ‌les armateurs continuent de rester à ⁠l’écart de cet axe essentiel.

Avant le déclenchement de la guerre contre l’Iran par ‌les États-Unis et Israël le 28 février, entre 130 et ⁠140 navires traversaient chaque jour le détroit d’Ormuz. En guise de représailles à cette guerre, l’Iran avait très ​vite fermé de facto cette voie essentielle au ‌transport maritime mondial d’hydrocarbures.

Ceci s’était traduit par une flambée des cours du pétrole, qui restent à un niveau élevé, à plus de ‌90 dollars le baril, en raison de l’absence de tout progrès vers une ​résolution du conflit, les États-Unis et l’Iran, qui clament tous deux contrôler le détroit d’Ormuz, brandissant au contraire la menace d’une escalade.

🎧 «Des gens ne sont pas relâchés»: les habitants du sud du Liban terrorisés par les enlèvements de l’armée israélienne

Dans le sud du Liban, le week-end dernier, l’armée israélienne a tué 11 personnes lors de frappes en dehors de la zone tampon, dont une mère et ses quatre enfants. Les soldats continuent de semer la terreur dans les zones encerclées ou partiellement occupées et plusieurs cas d’enlèvements sont notamment dénoncés. Certaines familles attendent toujours des nouvelles de leurs proches, d’autres ont eu la chance de voir les leurs libérés après plusieurs heures d’interrogatoire.

L’Iran met en garde les pays du Golfe contre toute aide à l’armée américaine

L’Iran a mis en garde mercredi les pays du Golfe contre toute assistance à l’armée américaine, qui serait considérée comme un soutien aux opérations militaires de Washington contre la République islamique, a déclaré le chef des forces armées iraniennes. « Nous tenons à avertir: toute assistance ou facilitation apportée à l’armée agresseuse américaine équivaut à une participation aux opérations militaires américaines », a affirmé le général Ali Abdollahi dans un communiqué relayé par l’agence Mehr.

La Turquie rejette les « allégations infondées » israéliennes

Le gouvernement turc a rejeté mercredi les allégations israéliennes selon lesquelles Ankara se préparait à déployer des troupes en Syrie, au lendemain de frappes qui ont visé une base aérienne dans ce pays.

« Les allégations infondées avancées par le cabinet du Premier ministre israélien visent à légitimer les frappes aériennes illégales d’Israël, qui portent atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie », a déclaré la Direction de la communication de la Turquie dans un communiqué relayé par l’agence étatique Anadolu.

Israël pointe la « menace » turque après une frappe sur une base syrienne

Israël a accusé mardi la Turquie de représenter une « menace » en se préparant à envoyer des troupes sur une base en Syrie, frappée lors d’une attaque condamnée par les États-Unis, et qu’ils ont attribuée à leur allié israélien.

Cette frappe marque un acte de défiance rare de la part d’Israël envers Washington, qui a cherché à soutenir le nouveau gouvernement syrien dirigé par un ancien jihadiste allié à la Turquie.

« Israël a averti à plusieurs reprises la Syrie qu’un tel déploiement constituerait une menace pour la sécurité d’Israël. La Syrie a choisi d’ignorer ces avertissements », a déclaré le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahu. Le bureau du chef du gouvernement israélien a publié ce communiqué mardi soir, après une journée de silence officiel de la part d’Israël, et tout en se gardant de reconnaître explicitement la responsabilité d’Israël dans cette frappe sur une base aérienne en Syrie.

🔍 Les États-Unis haussent le ton contre Israël après les frappes en Syrie

Les bombes israéliennes qui se sont abattues sur la base aérienne syrienne d’Abou Douhour ce mardi ont endommagé un aéroport déjà hors-service depuis des années, mais elles assènent un message sans équivoque : Israël n’a pas l’intention de laisser la Syrie reconstituer sa force militaire, explique notre journaliste Nicolas Falez.

Même si l’État hébreu n’a ni revendiqué ni commenté l’attaque, Tom Barrack, un haut-diplomate américain, envoyé spécial pour la Syrier et ambassadeur des États-Unis en Turquie, a immédiatement critiqué Israël pour cette opération, dénonçant « une escalade inutile qui ne favorise en rien la stabilité régionale ».

Une remarque sèche, qui rappelle que la nouvelle Syrie est désormais vue comme une alliée par Washington. Cette critique américaine en rappelle une autre : la semaine dernière, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, avait évoqué des « actes de terreur » et des « actions répugnantes » pour fustiger la violence des colons en Cisjordanie occupée.

Des signaux qui confirment que la relation États-Unis – Israël traverse un moment délicat, après la période durant laquelle Donald Trump et Benyamin Netanyahu affichaient leur entente stratégique et personnelle…

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