Séoul rassure Pyongyang sur ses exercices militaires avec Washington
La présidence sud-coréenne a assuré mardi que les manoeuvres militaires annuelles lancées avec les Etats-Unis ne visaient pas à « attaquer » la Corée du Nord, après que Donald Trump a annoncé réduire la participation américaine car elles adressaient selon lui « un signal totalement inapproprié et hostile » à Pyongyang.
Le Japon a, lui, insisté sur la nécessité de conserver un front uni entre alliés, soulignant que la coopération trilatérale avec les Etats-Unis et la Corée du Sud était « primordiale pour la paix et la stabilité de la région ».
Donald Trump avait pris Séoul de court dimanche, qualifiant ces exercices de « coûteux » et estimant qu’ils adressaient « un signal totalement inapproprié et hostile » à la Corée du Nord. Ce revirement s’ajoute à la longue liste des camouflets infligés à des alliés historiques des Etats-Unis depuis son retour à la Maison Blanche en 2025.
L’objectif fondamental de ces manoeuvres n’est pourtant pas de « traiter une entité spécifique comme un adversaire mais de préserver, en sécurité et en paix, les vies quotidiennes de la population », a affirmé mardi le président sud-coréen Lee Jae Myung, selon ses services.
Le dirigeant sud-coréen a pris à son arrivée au pouvoir en 2025 le contrepied de son prédécesseur, réputé très ferme, en proposant des pourparlers sans condition au Nord. Mais Pyongyang n’a pas répondu à ce stade.
Très bonne relation »
C’est dans ce contexte d’ouverture diplomatique que Lee Jae Myung doit rencontrer jeudi à Séoul le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, Pékin étant le principal allié de Pyongyang.
Lee Jae Myung « discutera de l’orientation future des relations entre la Corée du Sud et la Chine ainsi que de la situation régionale », selon un communiqué de la présidence sud-coréenne.
Interrogé par les journalistes au sujet de cette visite, le ministère chinois des Affaires étrangères a toutefois refusé de confirmer tout projet.
De son côté, Donald Trump a encore invoqué sa « très bonne relation » avec le leader nord-coréen Kim Jong Un pour justifier cette réduction « considérable » de la participation des Etats-Unis aux manœuvres annuelles « Ulchi Freedom Shield », faute d’avoir pu les annuler car il était trop tard.
Ces exercices mobilisent en principe 18.000 militaires sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28.500 hommes présent en Corée du Sud.
Lancés lundi, ils doivent durer 11 jours et être placés sous le signe de l’expérience acquise par les forces nord-coréennes aux côtés des Russes dans la guerre contre l’Ukraine.
Séoul a affirmé que les manoeuvres avaient commencé « comme prévu », disant espérer que l’entente personnelle entre MM. Trump et Kim conduise à un « dialogue constructif » propice aux négociations.
« Je le comprends »
Donald Trump s’est déjà essayé aux discussions avec Kim Jong Un, mais celles-ci ont échoué en 2019 en raison de désaccords sur la dénucléarisation – que le Nord rejette inconditionnellement – et la levée des sanctions pesant contre Pyongyang, qui dispose de l’arme atomique et multiplie les essais de missiles.
Mardi, le ministre de la Défense australien Richard Marles, qui accueillait son homologue japonais Shinjiro Koizumi, a exprimé la « grande préoccupation » de Canberra à propos du « programme nucléaire de la Corée du Nord ainsi que de son programme de missiles ».
La veille dans le Bureau ovale, un journaliste a demandé au président américain si Kim Jong Un avait répondu favorablement à sa décision concernant la Corée du Sud.
« Oui, il l’a fait », a déclaré Donald Trump, parlant d’une évolution « très positive » mais sans dire clairement si les deux hommes avaient eu une conversation.
« Vous voyez, en fait je rends (la région) plus sûre. Kim Jong Un m’a toujours traité avec un grand respect », s’est-il vanté. « Je le comprends. Il me comprend. »
Cependant, le ministère sud-coréen de l’Unification, chargé des relations avec le Nord, a indiqué qu’il n’était pas en mesure de confirmer si Kim et Trump avaient bien échangé. « Des canaux de communication existent entre les deux parties, mais nous ne pouvons pas vérifier le contenu précis de ces échanges », a déclaré un porte-parole.
Comme autre raison justifiant la baisse de la voilure des exercices en Corée du Sud, Donald Trump a évoqué le refus de Séoul de l’aider face à l’Iran, contre lequel les Etats-Unis mènent une guerre coûteuse depuis bientôt six mois.

