Réfugié en Russie, l’ex-président Bachar al-Assad a été condamné à la peine de mort par contumace en Syrie
Un tribunal syrien a condamné ce mardi 11 août le président déchu Bachar al-Assad à la peine de mort par contumace, pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » lors de la guerre civile déclenchée en 2011. L’ancien président s’est réfugié avec sa famille à Moscou lors de la prise de Damas en décembre 2024.
Par – Pierre Desorgues avec AFP
Devant un tribunal de Damas, le juge Fakhr al-Din al-Aryan a reconnu le président déchu Bachar al-Assad coupable de « crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » dont les chefs d' »assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d’enfants de moins de 15 ans (…), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté ». « Il est donc condamné à mort », a-t-il déclaré
Outre l’ex-dirigeant, qui a fui avec sa famille à Moscou, en Russie, lors de la prise de Damas en décembre 2024 par une coalition menée par des islamistes, les autorités de transition ont aussi condamné à mort, en sa présence, Atef Najib. Ce dernier est un ancien chef de la sécurité politique à Deraa, dans le sud du pays.
Atef Najib avait été démis de ses fonctions à la suite de la répression, alors que les manifestations s’étendaient à d’autres provinces. Mais le juge Fakhr al-Din al-Aryan a déclaré qu’il avait nié les accusations portées contre lui ne montrant « aucun remords »
Il s’agit des premiers jugements à l’encontre de membres de l’ancien gouvernement. La guerre civile entre les insurgés et le régime de Bachar al-Assad a duré depuis plus de 13 ans, entre mars 2011 et décembre 2024. Elle a fait plus de 650.000 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. La répression a été particulièrement violente.
La prison de Saydnaya, située dans la banlieue de Damas, a notamment été qualifiée d’abattoir humain. Des dizaines de milliers de personnes y ont été torturées et assassinées durant la guerre civile, selon plusieurs ONG de défense des droits humains.
La fin des 54 années du régime du clan Assad
En 2024, en à peine plus de dix jours et à la surprise générale, les rebelles, emmenés par les militants armés du Hayat Tahir al-Cham (HTC) s’étaient emparé des principales villes du pays, avant de rentrer dans Damas le 8 décembre, précipitant ainsi la fuite du président et sa famille.
Le départ de ces derniers a mis fin à 54 années du régime du clan Assad dans le pays. Le père de Bachar, Hafez, issu d’une minorité chiite, les Alaouites, a gouverné d’une main de fer la Syrie de 1971 à 2000, date de son décès, avant que son fils lui succède.

