France: qui a voté contre la lutte anti-incendies?

À neuf mois de l’élection présidentielle en France, les incendies alimentent également le front politique. Alors que 117 000 hectares sont partis en fumée depuis le début de l’année, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, la classe politique s’écharpe sur la gestion des incendies. Le Rassemblement national, la France insoumise et les Écologistes s’accusent mutuellement d’avoir bloqué des mesures visant à lutter contre les feux de forêt et d’avoir affaibli la sécurité civile. Quitte parfois à tordre la réalité.

Par : Marie Lecoq

Au cœur des tensions : les Canadair. En 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, avait gelé 53 millions d’euros pour la sécurité civile, abandonnant l’achat de ces avions bombardiers d’eau. Les partis d’extrême droite Rassemblement National et d’extrême gauche La France Insoumise montent au créneau. De son côté, Gabriel Attal rétorque désormais que leur commande était impossible à ce moment-là et rappelle qu’une commande européenne avait ensuite été lancée.

Autre polémique : l’achat de 36 hélicoptères entre 2022 et 2024. Ils ont été commandés et financés par la loi Lopmi [une loi de simplification, notamment pour les commandes émises par le ministère de l’Intérieur, NDLR] malgré l’opposition de LFI et des Écologistes.

Ce rejet est utilisé comme étendard par la majorité pour pointer du doigt l’incohérence du parti de Jean-Luc Mélenchon. Les Insoumis affirment ne pas s’être opposés au budget alloué aux équipements des pompiers, mais à un texte jugé trop sécuritaire selon eux. L’essentiel du texte portait en effet sur le renforcement des moyens de la police et de la gendarmerie, ou encore la cybersécurité. 

Enfin, l’année dernière, l’examen du budget proposait d’augmenter une taxe permettant de mieux financer un service à bout de souffle : les Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), c’est-à-dire les pompiers. Les amendements se sont multipliés, notamment à gauche. Mais faute de majorité, le gouvernement a finalement écarté toutes les propositions. Un budget 2026 adopté en janvier dernier par l’article 49.3 de la Constitution. 

Face à ces passes d’armes, le président de la République Emmanuel Macron a réagi, lors d’un déplacement à Bordeaux lundi 27 juillet, rappelant qu’« on ne fait pas le retour d’expérience en plein milieu de la bataille ». S’affichant sur place deux jours plus tard, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau a préféré éviter la polémique, mais a appelé – comme son rival à la présidentielle Édouard Philippe (Horizons) – à une remise à plat de la stratégie de lutte contre les incendies.

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