Soudan: après un revers majeur face à l’armée, le chef des paramilitaires annonce un changement de stratégie
Au Soudan, le chef des paramilitaires Mohamed Hamdane Dogolo dit Hemedti, dont les Forces de soutien rapide (FSR) sont accusées de crimes contre l’humanité, a annoncé un changement de stratégie, après un revers sur le terrain face à l’armée du général al-Burhan. Les FSR ont perdu le contrôle de plusieurs localités et d’un axe routier majeur reliant la capitale à la ville d’El-Obeid, dans le centre du pays.
Par :RFI
Au Soudan, après le revers des paramilitaires le week-end du 25-26 juillet 2026 au Kordofan du Nord, un État du centre du pays, leur chef, le général Hemedti, s’est exprimé le 27 juillet. « À partir d’aujourd’hui, il n’y a plus de repos. Soit nous survivons, soit nous cessons d’exister », a-t-il lancé à ses troupes, dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux. Et d’ajouter : « Il n’y a pas de place pour la complaisance et le repli. »
Des propos tenus après une défaite importante des Forces de soutien rapide (FSR) qui ont perdu un axe stratégique qu’ils tenaient depuis plus d’un an et qui leur permettaient notamment d’avoir une route menant à Khartoum, de couper les ravitaillements de l’armée à El-Obeid, et de contrôler des mines d’or dans la région.
Avec cette défaite, les FSR perdent leur ligne de ravitaillement, et plusieurs de leurs commandants ont été capturés par l’armée.
Aller plus vite
Dans son intervention, le général Hemedti a également appelé les commandants FSR sur le terrain à changer leur stratégie militaire, leur donnant toute autonomie pour lancer des offensives sans avoir besoin d’attendre des ordres venant d’en-haut, afin d’aller plus vite.
Une déclaration qui n’est pas de bon augure, note un observateur, au vu des exactions commises par les FSR par le passé. La prise d’El-Fasher (ouest du Soudan) par les FSR, en octobre 2025, a présenté selon une enquête de l’ONU « les caractéristiques d’un génocide ».
La guerre entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des FSR, qui a éclaté en avril 2023, a tué 200 000 personnes selon certaines estimations et déplacé plus de 11 millions de Soudanais, pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. Celle-ci estime que 33 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire.

