Lutte contre le VIH : l’Assemblée veut réviser le cadre législatif et le mode de financement
La Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale de l’Assemblée nationale a engagé une réflexion en vue d’une révision du cadre législatif et financier de la lutte contre le VIH/sida au Sénégal. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une baisse drastique des financements internationaux qui représentent encore plus de 70 % des ressources consacrées à la riposte, ainsi que par un climat social et juridique susceptible de compromettre des décennies d’acquis sanitaires.
Les parlementaires entendent adapter le dispositif existant pour faire face à l’urgence de préserver la gratuité des traitements, maintenir les services de prévention et de dépistage auprès des populations les plus exposées, et sécuriser les canaux de financement.
Organisée à Saly en partenariat avec le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), cette rencontre se veut une réponse aux défis persistants d’une épidémie que le Sénégal pensait avoir sous contrôle, mais qui connaît une résurgence inquiétante.
Depuis 2021, le pays enregistre environ 1 000 nouvelles infections par an, touchant principalement la tranche d’âge des 18-45 ans, tandis que la prévalence parmi les populations clés, comme les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, atteint désormais 27 %, contre 17,8 % dix ans plus tôt. Ce constat alarmant, couplé à la crainte d’un recul des acquis après trente-cinq ans de lutte, a poussé les législateurs à agir, alors que des tensions sociales et médiatiques récentes menacent l’accès aux soins pour les plus vulnérables.
Khadydja NDIAYE

