«Assez, ça suffit de tuer»: des chauffeurs de l’aide humanitaire pour Gaza pris pour cible par l’armée israélienne
Pour la deuxième fois en moins d’une semaine, un chauffeur poids lourd palestinien a été tué par l’armée israélienne à Gaza. Ahmed Slim, employé par une entreprise de transport locale, a été abattu d’une balle en pleine tête, mercredi 8 juillet 2026, alors qu’il acheminait des marchandises pour l’ONG World Central Kitchen. Un tir ciblé, selon son employeur, qui plonge un peu plus les transporteurs gazaouis dans l’effroi.
Avec notre correspondant à Gaza, Rami El Meghari et la mise en récit d’Aabla Jounaidi
Le choc est immense au sein de l’entreprise qui employait le chauffeur Ahmed Slim, tué à bout portant par un soldat israélien mercredi dernier. Maillons indispensables pour l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, voilà des mois que les chauffeurs sont une cible.
En mai dernier, deux autres chauffeurs ont été enlevés puis tués par des soldats israéliens, rappelle Hussein Slim, parent et patron d’Ahmed Slim. « Ils les ont tués de sang-froid. Ils n’avaient absolument rien dans les mains. Et ils avaient toutes les autorisations via le Programme alimentaire mondial. Nous avons également des chauffeurs qui ont été enlevés il y a près de deux ans, et dont on est toujours sans nouvelles. »
Les organisations internationales interpellées
Ces professionnels dénoncent une obstruction systématique de l’aide à travers les menaces pesant sur les chauffeurs, même quand ils sont munis d’autorisations. « Je n’ai pas envie d’envoyer mes enfants se faire tuer pour 300 ou 1000 shekels [près de 87 euros, NDLR]. Assez, ça suffit de tuer », se révolte Jihad Slim, vice-président de l’Association des transporteurs privés de Gaza.
Il a interpellé les autorités israéliennes, mais aussi les acteurs internationaux de l’aide. « Nous avons pris nos dispositions et adressé quelques courriers. Israël est le premier responsable. Mais les organisations internationales aussi doivent jouer leur rôle pour garantir le passage sécurisé en parlant aux Israéliens. C’est elles qui leur envoient la liste de nos chauffeurs. »
Les chauffeurs eux-mêmes refusent de s’exprimer au micro, tant la peur s’est installée dans leurs rangs.

