Commercialisation du riz local: L’État gèle les importations

Face aux difficultés d’écoulement de la production nationale, le ministre de l’Industrie et du commerce, le Dr Serigne Guèye Diop, a arrêté un plan d’urgence drastique. Suspension immédiate des importations pour un mois, indexation des futurs quotas sur l’achat de riz local et subventions massives aux rizeries : le gouvernement scelle une alliance forcée mais nécessaire entre commerçants et producteurs pour vider les stocks en souffrance et sanctuariser le marché intérieur.

Le message de l’Etat est clair : la souveraineté alimentaire ne se négociera plus au détriment des producteurs nationaux. Face à l’urgence de la situation, une réunion stratégique cruciale s’est tenue ce mercredi 8 juillet 2026 au ministère de l’Industrie et du commerce. Présidée par Dr Serigne Guèye Diop, elle a réuni la Primature, les ministères des Finances et de l’Agriculture, la Saed, ainsi que les géants du commerce que sont l’Unacois Jappo et Yessal. Objectif : tordre le cou aux circuits d’importation massifs pour imposer l’écoulement prioritaire du riz local. La mesure phare de ce plan de sauvetage est sans équivoque : la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (Dipa) est suspendue avec effet immédiat pour une période d’un mois. Une décision radicale conçue pour assécher le marché des stocks de riz importé et forcer la main des distributeurs.

Pour la suite, les règles du jeu changent définitivement. Désormais, l’octroi de quotas d’importation sera strictement indexé et conditionné à l’achat préalable de riz local par les opérateurs économiques. Concrètement, les 37 000 tonnes de riz blanc actuellement disponibles en stock (estimées par la Saed) vont être immédiatement réparties entre les différents importateurs. Les enlèvements sur le terrain débuteront dès la semaine prochaine, ouvrant la voie à la transformation attendue de 64 000 tonnes pour la campagne à venir.

Le portefeuille au secours de la compétitivité

Conscient des réalités du marché, l’Etat ne s’est pas contenté de mesures coercitives ; il aligne les garanties financières. Le prix d’achat du riz local par les importateurs a été fixé à 280 F/kg. Pour que ce prix reste compétitif face à la concurrence étrangère sans asphyxier l’industrie locale, une subvention de 50 F/kg sera directement allouée aux rizeries.

Afin de rassurer les industriels sur la solidité du dispositif, le ministère de l’Economie et des finances a été instruit d’émettre en urgence un acte administratif garantissant la couverture budgétaire de ce soutien financier. Le plan d’urgence mise également sur un sursaut patriotique et institutionnel. Le ministère en charge du Commerce va déployer une campagne promotionnelle d’envergure sur le long terme pour inciter les ménages sénégalais à consommer local.

Mais l’Etat compte d’abord prêcher par l’exemple. En stricte conformité avec la lettre circulaire du Premier ministre, toutes les commandes institutionnelles (ministères, administrations et structures publiques) feront l’objet d’un suivi rigoureux. Plus aucun sac de riz importé ne devra franchir le seuil d’une table publique tant que la production nationale est disponible.

Pour veiller au grain et éviter les effets de manche, le Comité de suivi de la commercialisation tiendra des réunions hebdomadaires. Un tableau de bord régulier sera transmis directement aux plus hautes autorités pour s’assurer que, cette fois, le riz sénégalais tienne le haut du pavé.

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