Coupe du monde 2026: la fièvre monte au Maroc en attendant le quart face à la France
Les Lions de l’Atlas défient l’équipe de France en quart de finale de la Coupe du monde 2026 de football, ce 9 juillet, à Boston, à partir de 20h TU. Une rencontre qu’attendent avec impatience les Marocains, quatre ans après leur défaite face aux Bleus en demi-finale du Mondial-2022. Et un moment à part pour les nombreux membres de la diaspora qui suivront ce match dans le royaume.
Par :RFI Avec notre correspondant à Casablanca, Matthias Raynal
Les Lions de l’Atlas ont une revanche à prendre, ce jeudi 9 juillet, face aux Bleus de Didier Deschamps. Maroc-France, c’est l’affiche de rêve du premier quart de finale de la Coupe du monde 2026. Battu en demi-finale il y a quatre ans, au Qatar, par Kylian Mbappé et ses coéquipiers, le Maroc a de nouveau son destin en main.
Pour le dernier représentant africain encore en lice dans la compétition, plus rien ne semble impossible, pas même battre le favori. Et c’est donc sans complexe que les Marocains abordent la rencontre.
Dans le royaume, les sites d’informations reviennent sur la conférence de presse d’avant-match. Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet à Boston, le milieu offensif Brahim Diaz s’est dit prêt au combat.
Optimistes sans excès de confiance
Un discours qui trouve un écho favorable dans la population, optimiste dans son ensemble. Sur la dizaine de Marocains rencontrés par RFI à quelques heures de la rencontre, un seul pronostiquait une défaite face à la France.
Mais il n’y a pas d’excès de confiance non plus. Les supporters sont assez admiratifs des Bleus et de leur armada offensive.
Au Maroc, on s’attend à une rencontre serrée, un scénario à suspense, avec à la fin une séance de tirs aux buts remportée par les Lions de l’Atlas.
Il y a une source de motivation supplémentaire en tout cas : le royaume veut prendre sa revanche sur 2022 dont on parle encore beaucoup dans le pays. Alors que la défaite de l’époque y a laissé des traces, nombreux sont ceux qui aimeraient pouvoir l’effacer grâce à une victoire ce jeudi.
Dans les rues de Casablanca, la chorégraphie qui précède les grandes affiches a commencé. On voit depuis le matin de plus en plus de maillots rouge et vert, on entend régulièrement vrombir des vuvuzela. Ce soir, Casablanca va s’arrêter, se figer pour suivre le match.
En attendant, le parcours des Lions de l’Atlas a enthousiasmé la diaspora marocaine, rentrée au pays pour profiter de cette ambiance Coupe du monde.
Premier passage obligé : après avoir atterri, déposé les bagages, on va acheter son maillot au marché de la médina de Casablanca. Et pas n’importe lequel. « Le maillot du Maroc, lance le jeune Saïdane. Bien sûr, je l’ai préféré. Je ne vais pas aller devant ma famille avec le maillot de la France alors qu’on est au Maroc. Sinon, ils vont me prendre pour un imposteur ».
Saïdane a dû s’adapter. Il est l’aîné des Arad, une famille franco-marocaine venue de Toulouse.
Samantha, la maman, explique : « La diaspora marocaine est très attachée à ses origines et nos enfants également. On leur a demandé s’ils préféraient aller ailleurs pour ces vacances d’été, pour une fois. Et ils ont tous répondu à l’unisson : « Non, au Maroc !« ».
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«Le Maroc a une chance de gagner mais la France est favorite»: au Sénégal, les pronostics divergent et les préférences diffèrentBabacar Fall
Depuis que les Arad sont dans le royaume, c’est l’euphorie : les Marocains enchaînent les victoires. Samantha exhibe fièrement son téléphone et la vidéo qu’elle a filmée le soir de la qualification pour les quart de finale, après une victoire 3-0 face au Canada. « On a fait un petit montage pour avoir un souvenir et pour partager aussi l’émotion qu’on a vécue, explique-t-elle. C’était incroyable ! On en a et on en veut encore ! Il faut aller la gagner celle-là, pour encore fêter et rêver encore ».
Mais quoiqu’il arrive, « on ne peut pas être perdant, on est quand même derrière le Maroc et on aime aussi la France », glisse Saïdane. Sa maman acquiesce : « Là, on est sur un match vraiment entre frères, avec une énorme notion de respect, de fraternité et d’union. Et finalement, peu importe l’issue de ce match ».
Difficile de ne pas se laisser emporter par l’atmosphère qui règne au Maroc depuis le début de la Coupe du monde. Cela fait un mois que le pays vit pour le football et sa sélection.
À Casablanca, la fierté de voir des Lions de l’Atlas originaires de la ville briller au Mondial 2026
Ce jour-là, il fait un soleil de plomb et 35 degrés à l’ombre. Des gamins suent à grosses gouttes mais sont quand même venus s’entraîner.
Driss Alaoui, qui les coache, explique : « Il y a de grandes stars de l’équipe nationale qui ont été découvertes dans les ruelles, les équipes et les terrains de quartier ».
Driss Alaoui a par exemple entraîné le milieu de terrain Azzedine Ounahi, auteur d’un doublé lors du 8e de finale face au Canada. Et c’est Soufiane Rahimi qui a marqué le troisième but. Or, les deux sont casablancais et issus d’un milieu modeste.
« C’est une fierté pour eux, pour Rahimi et Ounahi, poursuit Driss Alaoui. Ils ont le style et cette « grinta » propres aux quartiers populaires de Casablanca. Ils ont l’amour de la sélection nationale ».
Ici, la détection se fait grâce à un maillage très serré d’associations sportives, explique Alaoui : « Elles font un grand travail. Elles sont la base même du football marocain ! ».
Et la nouvelle génération, issue de cette formation, est déjà là. Hamza, qui a 14 ans, lance : « J’espère pouvoir jouer dans des grands clubs comme le Real Madrid ou le Raja et participer un jour à la Coupe du monde, à la Ligue des champions. Je veux faire comme Ounahi : réaliser mes rêves ! ».
Ici, tout le monde attend avec impatience le quart de finale contre la France pour voir les quartiers de Casablanca triompher à travers le Maroc.

