Modernisation de l’administration: Les départements généralisent le mécanisme de gestion des plaintes

L’Agence de développement municipal (Adm) et la Direction générale de l’administration territoriale (Dgat) ont ouvert, hier à la Somone, un atelier de deux jours. Objectif : outiller les préfets pour l’installation immédiate des Commissions départementales de gestion des plaintes (Cdgp). Ce dispositif, soutenu par le Pacasen, marque une étape clé vers une gouvernance de proximité et de redevabilité, en parfaite adéquation avec la vision stratégique «Sénégal 2050».

Par Alioune Badara CISS – Un tournant décisif vient d’être amorcé dans la modernisation de l’administration territoriale sénégalaise. L’Agence de développement municipal (Adm), en étroite synergie avec la Direction générale de l’administration territoriale (Dgat), a ouvert, hier à la Somone, un atelier de deux jours axé sur le renforcement des capacités et l’harmonisation du Mécanisme de gestion des plaintes (Mgp). Destinée aux autorités administratives, notamment les préfets, cette rencontre vise à clarifier les procédures de traitement des requêtes et à définir une feuille de route pour l’installation immédiate des Commissions départementales de gestion des plaintes (Cdgp). Ce nouveau dispositif s’inscrira en droite ligne avec les orientations stratégiques de l’agenda national «Sénégal 2050».

Financé dans le cadre du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), le Mgp dépasse la simple formalité administrative pour s’ériger en véritable levier de redevabilité. Après un déploiement réussi dans 124 communes-pilotes, l’enjeu est désormais d’étendre ce second niveau de recours à l’échelle départementale afin de corriger les disparités territoriales constatées sur le terrain. «Le Mgp est bien plus qu’un dispositif administratif. Il constitue un cadre de dialogue qui permet aux citoyens, aux communautés et aux autres parties prenantes d’exprimer leurs préoccupations et d’obtenir des réponses transparentes, dans des délais raisonnables», a magnifié M. Papa Sambaré Ndiaye, Secrétaire général de l’Adm, s’exprimant au nom du Directeur général, le Dr Mamouth Diop.

Qu’elles soient d’ordre social, environnemental ou sécuritaire, le traitement de ces plaintes en sept étapes formalisées permet d’éviter le blocage des chantiers publics. L’autorité préfectorale se retrouve ainsi au cœur de la régulation. «Les commissions départementales que nous nous apprêtons à installer sous l’autorité des préfets ont une vocation majeure : devenir le mécanisme unique, harmonisé et pérenne pour l’ensemble des projets financés par nos partenaires», a insisté l’adjoint au Préfet de Mbour lors du discours d’ouverture officielle.

Vers une administration de développement et de proximité

Cette réforme consacre la transition définitive d’une administration héritée de l’époque coloniale vers une administration de développement, résolument tournée vers l’écoute et la transparence. Avec la territorialisation des politiques publiques encadrée par l’article 102 de la Constitution, la prise en compte des avis des bénéficiaires devient un impératif de performance.

Pour M. Mamadou Diokhané, directeur de l’Action territoriale au sein du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique, le Mgp offre une alternative indispensable de médiation : «L’administration est en train de faire sa mue. Notre raison d’être est d’incarner une administration de développement qui prend en charge les préoccupations des populations. On n’est plus à l’ère coloniale ; le Sénégal est un Etat souverain. Il s’agit de bâtir un mécanisme unique et harmonisé à imposer à tous les partenaires techniques et financiers.»

M. Diokhané a également rappelé l’importance cruciale de la participation citoyenne pour la réussite des chantiers de l’Etat : «Cela ne sert à rien que des projets soient arrêtés ou qu’ils portent préjudice aux populations. L’Agenda national Sénégal 2050 veut qu’on avance ensemble. Les bénéficiaires doivent pouvoir dénoncer les dysfonctionnements auprès des commissions pour que l’on trouve des solutions à l’amiable et que l’on dynamise l’investissement public.»

Pendant deux jours, les gouverneurs, préfets, services déconcentrés et représentants des institutions territoriales vont plancher sur la typologie des plaintes, la gestion des cas sensibles et les modalités d’élaboration des arrêtés préfectoraux. A l’issue de cet atelier soutenu par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (Afd) et la Banque africaine de développement (Bad), les feuilles de route opérationnelles devront acter le démarrage immédiat des commissions départementales. Une démarche essentielle pour garantir la paix sociale autour des grands projets d’envergure nationale tels que le Promoged, le Procasef ou le Mca-Sénégal II.

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