Concurrence étrangère : les Chambres de commerce tirent la sonnette d’alarme
Face à une concurrence internationale de plus en plus agressive sur le sol national, l’Union nationale des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal (Unccias) a appelé, lundi, à un sursaut technologique et structurel des PME locales.
« Cela ressemble à une défaite à domicile ! », regrette Aliou Ndiaye, Secrétaire général de l’Unccias, lors d’une conférence de presse, à Dakar, en prélude au prochain Salon de l’union.Selon lui, les entrepreneurs sénégalais subissent de plein fouet la domination des firmes étrangères. Les secteurs les plus touchés sont critiques pour l’économie notamment les télécommunications ; les produits alimentaires et le secteur des cosmétiques.
L’un des points noirs soulevés par l’Unccias concerne l’attribution des marchés publics, notamment ceux lancés par les collectivités territoriales. Ces contrats sont massivement raflés par des entreprises étrangères.
Le déficit technologique et l’accès aux marchés publics
Deux facteurs clés expliquent ce déséquilibre. Les structures étrangères bénéficient d’une meilleure organisation administrative et juridique.
Par ailleurs, un fossé technique sépare les PME locales de leurs concurrentes. Aliou Ndiaye prévient d’ailleurs en outre que « Les entreprises sénégalais sont obligées de s’adapter à la nouvelle technologie, parce que bientôt, celles qui n’utilisent pas l’Intelligence artificielle seront dépassées. »
L’ambition du prochain Salon sera donc d’aider les PME sénégalaises à combler ce retard en intégrant ces innovations pour s’imposer, à leur tour, dans d’autres pays de la sous-région (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Congo, etc.).
Outre l’aspect technique, le développement des PME est freiné par une forte « asymétrie d’information » concernant le financement. Bien que l’Uemoa dispose de nombreux outils et mécanismes de soutien, ces derniers restent largement méconnus des entrepreneurs locaux.
Pour pallier ce manque, des initiatives d’accompagnement afin de guider les entreprises dans leurs levées de fonds (publics et privés) et dans l’implémentation de la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine). L’enjeu est de multiplier le chiffre d’affaires des PME sénégalaises et pousser les produits africains à intégrer de nouveaux marchés stratégiques
Liboire SAGNA
WALFADRJI

