Protection des océans : le Sénégal franchit une nouvelle étape vers la ratification du traité sur la haute mer
Le Sénégal s’apprête à renforcer son engagement en faveur de la préservation des océans. L’Assemblée nationale examine un projet de loi autorisant la ratification de l’Accord BBNJ, un traité international destiné à protéger la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.
Un traité majeur pour la protection des océans
Le Sénégal pourrait bientôt rejoindre les États ayant ratifié l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones situées au-delà des juridictions nationales (BBNJ), adopté le 19 juin 2023 à New York sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Ce traité historique vise à mieux encadrer les activités humaines en haute mer, qui représente plus de 60 % de la surface des océans de la planète. Il ambitionne notamment de renforcer la protection de la biodiversité marine, d’assurer un partage équitable des ressources génétiques marines et de compléter le dispositif juridique de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Des opportunités pour le Sénégal
Devant les députés réunis en intercommission, le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, a souligné les avantages que le Sénégal pourrait tirer de cette ratification.
Outre le renforcement de son rôle diplomatique, le pays pourrait bénéficier d’un meilleur accès aux infrastructures scientifiques internationales, aux technologies marines de pointe ainsi qu’à des programmes de renforcement des capacités.
L’accord devrait également favoriser une coopération accrue dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR), un phénomène qui affecte fortement les ressources halieutiques de l’Afrique de l’Ouest.
Les préoccupations des députés
Les parlementaires ont toutefois insisté sur les défis liés à la mise en œuvre du traité, notamment le financement de la surveillance des espaces marins et la création d’aires marines protégées.
Ils ont également appelé à une implication active des acteurs de la pêche artisanale afin que les futures décisions n’affectent pas les moyens de subsistance des communautés côtières. Plusieurs élus ont recommandé la réalisation d’études d’impact socio-économique avant toute mesure restrictive.
En réponse, Cheikh Niang a rappelé que plusieurs mécanismes de financement sont prévus pour accompagner les pays en développement, notamment un fonds volontaire, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et un fonds spécial d’assistance, permettant aux États de mettre en œuvre les engagements prévus par l’accord.
Rédigé par leral.net

