Sénégal: la visite très politique du président Bassirou Diomaye Faye sur le nouveau tronçon du TER de Dakar

Le chef de l’État sénégalais a testé le nouveau tronçon du TER de Dakar reliant Diamniadio à l’aéroport international Blaise-Diagne, samedi 20 juin. Une visite conçue pour faire passer plusieurs messages tant à la communauté internationale qu’à la population du Sénégal.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a embarqué à bord d’un Train express régional (TER), samedi 20 juin, pour parcourir l’extension de la ligne mise en service à la fin de l’année 2021 entre Dakar et Diamniadio. Long de 19 km, ce nouveau tronçon va prochainement permettre à ses usagers de rejoindre l’aéroport international Blaise-Diagne. Sept nouvelles rames sont entrées en circulation, en plus des quinze déjà en service, depuis cinq ans. Actuellement, 65 000 passagers en moyenne utilisent quotidiennement ce moyen de transport jugé abordable avec des billets dont le coût oscille entre 500 et 1500 francs CFA en seconde classe.

Pour le chef de l’État, l’objectif de ce test était notamment de montrer que l’extension du TER fonctionne après un chantier laborieux freiné par de multiples retards de paiement de l’État.

Le premier message que celui-ci a voulu faire passer était destiné à la communauté internationale. À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) qui auront lieu en novembre prochain au Sénégal, le président a voulu faire savoir que le pays pourra alors compter sur un transport public moderne – un engagement central que Dakar avait pris en déposant sa candidature pour devenir le pays hôte de l’évènement.

En lançant dans la foulée les travaux de la future gare de Sébikotane, celui-ci a aussi voulu, dans un registre plus politique, « montrer qu’il est à l’écoute et que l’économie continue de tourner », analyse une source proche du dossier. Alors que de nombreux chantiers sont à l’arrêt dans le pays et que cette localité traversée par le TER a été le théâtre de nombreuses crispations liées au projet – de nombreux logements et commerces y ont été détruits pour les besoins du tracé -, ses habitants exigeaient de bénéficier de leur propre gare, question que les autorités tardaient jusqu’à présent à trancher…

Reste à savoir qui, à terme, exploitera le TER. Pour l’heure, le contrat de gestion entre l’État et la SNCF – à travers sa filiale, la Seter – a été prolongé de quelques mois, le temps de couvrir les JOJ.

RFI Pauline Le Troquier

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