Fifa a-t-elle réussi sa 1ère semaine de Coupe du monde?

Pendant cette première semaine de Coupe du monde 2026, les stades qui ont accueilli les 16 matchs joués étaient quasiment tous pleins. Les audiences TV ont battu des records, même aux États-Unis. Les dirigeants de la Fifa, sous le feu des critiques, respirent. Mais d’autres polémiques émergent.

« Wow, 1 million de fans dans les stades!«  Le président de la Fifa, Gianni Infantino, ne cachait pas sa satisfaction sur son compte Instagram ce mardi 16 juin. Il a remercié l’ensemble des supporters qui ont « rempli » les enceintes de la Coupe du monde 2026 pendant les cinq premiers jours de la compétition. « Vous avez donné vie à la Coupe du monde de la Fifa la plus inclusive« , a écrit Gianni Infantino dans son message, assorti d’une photo le montrant tout sourire en compagnie du détenteur du millionième billet.

Les quatre matchs de la Coupe du monde disputés mardi dernier ont, par exemple, établi un nouveau record d’affluence pour une journée de tournoi, avec 281.223 personnes dans les stades. Le précédent record datait de 1994, déjà aux États-Unis. « Le 16 juin sera un jour à ne pas oublier dans l’histoire de la Fifa, sera un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la Coupe du monde », s’est encore félicité Gianni Infantino sur son compte Instagram.

En six jours de compétition, 1.309.652 spectateurs avaient assisté aux matchs, soit une moyenne de 65.483 par rencontre, quasiment l’équivalent du nombre de supporters présents lors de la finale de la CAN 2025. Sur son site, la Fifa se targue que « l‘édition 2026 est bien partie pour battre tous les records d’affluence cumulée dès l’issue de la phase de groupes« . En même temps, avec 16 stades et 48 équipes, cette compétition a mathématiquement plus de chances de battre des records de fréquentation.

L’avant-compétition a été marquée par de vives critiques sur le prix élevé des billets pour cette compétition. Selon l’Associated Press, une agence de presse américaine, les billets de la Fifa pour les matchs de poule démarraient à 140 dollars (plus de 120 euros). Pour la finale, les prix des meilleures places sont passés de 8.700 dollars en avril à plus de 32.000 dollars en mai.

C’est la première fois que la FIFA a mis en place un système de tarification dynamique, ce qui veut dire que le prix des billets est fixe en fonction de la demande. Une pratique courante aux États-Unis dans les sports américains. Malgré ces prix jugés excessifs et peu inclusifs, la Fifa crie donc victoire.

Des audiences TV records

Les audiences TV sont également là. La FIFA met en avant des scores d’audience historiques. Plus de 54 millions de personnes aux États-Unis, au Mexique et au Canada ont regardé les trois matchs d’ouverture des pays organisateurs. Plus de 25 millions de personnes ont regardé le match d’ouverture de la sélection américaine aux États-Unis. « C’est le match de football le plus regardé de l’histoire aux États-Unis », s’est une fois de plus targué le président de la Fifa. 

La chaîne internationale en langue espagnole, Telemundo a aussi battu son record d’audience. Au Mexique, le match d’ouverture l’Afrique du Sud a rassemblé plus de 23 millions de spectateurs. C’est là aussi un record pour la sélection nationale en Coupe du monde. En France, le match des Bleus contre le Sénégal a rassemblé plus de 14 millions de personnes, record d’audience TV de l’année 2026 dans le pays.

Les dirigeants de la Fifa se vantent donc d’une ambiance qui semble au rendez-vous. L’engouement serait en train de monter. Time Square, à New York, est devenu une gigantesque « fan zone« . Les équipes nationales, notamment africaines, peuvent compter sur les différentes diasporas présentes dans les pays hôtes.

Cela a été le cas du Ghana au Canada contre le Panama par exemple. La forte présence des supporters ghanéens dans le stade de Toronto a été remarquée.« L’atmosphère, l’énergie et la passion qui règnent dans les pays hôtes sont exceptionnelles », a clamé Gianni Infantino. 

Prix, état des pelouses… De nouvelles critiques naissent

Mais d’autres critiques émergent. Les prix prohibitifs des boissons et de la nourriture dans les « fans zones » aux États-Unis ont été pointés du doigt par les supporters: 15 dollars une bouteille de bière, 10 dollars une bouteille d’eau. Plusieurs sélections nationales se sont aussi plaintes de la qualité des pelouses de leur centre d’entraînement.

Le Japon a ainsi été obligé de changer deux fois de lieu d’entraînement en deux jours pendant sa préparation au Mexique. Les Français, lors de leur premier match au MetLife Stadium contre le Sénégal, se sont également plaints de l’état des pelouses. « Je ne sais pas si on peut appeler cela une pelouse…« , a confié le joueur français Adrien Rabiot en conférence de presse, dépité. 

Ce sont surtout les pauses fraîcheurs, nouveautés de la compétition, qui suscitent le plus de critiques chez les spectateurs. Ces « pauses d’hydratation » permettent aux joueurs de se désaltérer pendant trois minutes en plein match. Cet arrêt de jeu est répercuté sur le temps additionnel, automatiquement affiché à au moins trois minutes. Mais ces pauses permettent surtout aux diffuseurs d’envoyer des spots publicitaires.

La contestation commence à monter dans les stades. Cela a été le cas mercredi lors du match entre l’Angleterre et la Croatie à Arlington, au Texas (4-2), où les huées sont montées des travées lors des pauses fraîcheur. Même chose lors du match entre le Ghana et la Panama (1-0) dans le stade de Toronto. Des supporters anglais, à la sortie du match, ont dénoncé une « américanisation du football », qui casse le rythme du jeu et fait ressembler les rencontres à des matchs de basket divisés en quart-temps. Pour l’instant, la Fifa n’a pas réagi à ces critiques.

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