Des résistances communautaires persistantes relevées, plus de 25 ans après le vote d’une loi interdisant les MGF
Mbour, (APS) – La ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Marie-Angélique Mame Selbé Diouf, a souligné, mercredi, la persistance de résistances communautaires à la loi de 1999 interdisant les mutilations génitales féminines (MGF), plus de 25 ans après son entrée en vigueur.
La ministre a plaidé pour une meilleure appropriation de cette loi, en relevant un manque de sensibilisation dans ce sens.
”Le Sénégal dispose d’un arsenal juridique important pour lutter contre les mutilations génitales féminines, avec, notamment, la loi de 1999 qui les interdit. Mais malgré cela, des résistances persistent dans certaines communautés”, a-t-elle déclaré à l’ouverture d’un atelier à Mbour consacré à l’évaluation de l’application de cette législation.
Selon la ministre, cette rencontre vise à identifier les obstacles qui freinent l’application effective de la loi, plus de vingt ans après son adoption et à proposer des solutions de nature à accélérer l’éradication du phénomène.
”Nous voulons comprendre les raisons de cette résistance et dégager des recommandations qui permettront de renforcer l’efficacité de notre action sur le terrain“, a-t-elle expliqué.
La présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Amsatou Sow Sidibé, a pour sa part, qualifié l’excision de ‘’violence atroce’’ et de ‘’grave violation des droits humains’’, soulignant leurs ‘’lourdes conséquences’’ sur la santé des femmes et des filles.
”Rien ne justifie cette pratique. Elle n’est fondée ni sur la religion, ni sur la tradition, ni sur le droit. Elle constitue une violation grave des droits humains’’, a-t-elle affirmé.
Amsatou Sow Sidibé regrette le ‘’faible nombre’’ de procédures judiciaires engagées, malgré la persistance de cette pratique dans certaines localités. Elle a plaidé pour un renforcement de la sensibilisation ainsi et l’application de la loi.
Cette rencontre de trois jours est considérée par les initiateurs comme une étape importante dans la réflexion sur les mécanismes permettant d’assurer une meilleure application de la loi en vue d’atteindre l’objectif d’éradication totale de l’excision au Sénégal.
DOB/ADI/MTN

