UGB : les travailleurs décrètent une grève de 48 heures
Ce lundi, l’intersyndicale du personnel administratif, technique et de services de l’UGB a décrété une grève de 48 heures. Cette action, menée dès l’issue d’un sit-in, est motivée par le non-paiement des salaires de plusieurs agents depuis six mois et l’absence de réponse à leurs revendications concernant divers dossiers administratifs bloqués. Le coordonnateur intersyndical, Amath DIALLO, a vivement dénoncé l’inaction des instances de gouvernance de l’université, pointant du doigt le président du Conseil d’administration (PCA) qu’il accuse d’absentéisme et de refuser de convoquer les séances nécessaires à la validation des budgets. Selon lui, le budget de l’université avait pourtant été voté « sous réserve » il y a un semestre pour éviter toute paralysie de l’institution, dans l’attente d’un arbitrage rapide des commissions techniques, mais le blocage persiste. Les travailleurs, réunis au sein de l’intersyndicale, exigent également le départ pur et simple de ce PCA, qu’ils jugent inactif face à la crise, et réclament la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire pour examiner et valider les dossiers en souffrance.
Au-delà des six mois d’arriérés de salaire, le mouvement proteste contre le blocage prolongé de la régularisation financière des agents du Centre d’excellence africain en mathématiques, informatique et TIC (CEAMITIC), ainsi que contre le gel des dotations de carburant destinées aux directeurs et chefs de services administratifs. L’intersyndicale dénonce ce qu’elle considère comme une obstruction systématique de la part du conseil d’administration, qui empêche toute avancée sur des dossiers vitaux pour le fonctionnement de l’établissement.« On ne peut pas laisser ici des pères et des mères de famille depuis six mois sans salaire », a martelé Amath DIALLO, appelant à une réaction urgente des autorités pour débloquer la situation. Le syndicaliste a souligné que la situation était d’autant plus intolérable que des solutions existent, mais que l’absence de volonté politique au sein de la gouvernance de l’université les rend inopérantes.
Face à l’impasse, l’intersyndicale de l’UGB a décidé d’interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, en l’occurrence le président de la République, Bassirou Diomaye FAYE, ainsi que le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le docteur Boubacar CAMARA, pour leur demander d’arbitrer ce conflit et d’ordonner le limogeage du PCA. Les travailleurs estiment que la responsabilité de l’État est engagée et que seule une intervention directe de la tutelle peut sortir l’université de l’ornière.
« Nous appelons à révoquer ce PCA qui n’a pas le temps de l’université », a insisté le coordonnateur syndical.
Khadydja NDIAYE
SOURCE WALFADJRI

