Sédhiou – Prise en charge des Vbg : Un protocole multisectoriel pour réformer la prise en charge des victimes
Face au manque d’infrastructures adaptées et aux failles de coordination à Sédhiou, le ministère de la Famille a réuni les acteurs-clés de la région. L’objectif : vulgariser un nouveau protocole de collaboration multisectorielle pour offrir une prise en charge holistique et efficace aux survivants de Violences basées sur le genre (Vbg).
Par Seydou Tamba CISSE – Ce week-end, la mairie de Sédhiou a abrité un atelier régional organisé par le ministère de la Famille, de l’action sociale et des solidarités. Cette rencontre était consacrée à la vulgarisation du protocole de collaboration multisectorielle pour la prise en charge des survivants de Violences basées sur le genre (Vbg). Les secteurs de la santé, de la justice, de l’intérieur, des forces armées et de la famille ont mené une réflexion conjointe pour renforcer le dispositif existant.
Actuellement, la région souffre de l’absence d’un centre moderne de prise en charge, d’un déficit de collaboration entre les services concernés, d’une faiblesse du système de référencement et d’un manque criant de moyens financiers. Face à ce constat et au manque de synergie des actions menées sur le terrain, la Direction de la famille a engagé une démarche de mutualisation des forces entre les secteurs-clés pour garantir un accompagnement efficace des victimes.
Cet atelier intervient dans un contexte régional marqué par la recrudescence des violences conjugales et des mutilations génitales féminines, pratiquées dès le plus jeune âge chez les filles. Faute de structures adéquates à Sédhiou, les survivants de Vbg sont aujourd’hui accueillis dans des familles d’adoption ou transférés, dans le meilleur des cas, vers les centres des régions voisines de Ziguinchor et de Kolda.
Le Gouverneur de la région, Ousmane Danfakha, qui a présidé la rencontre, a insisté sur l’importance capitale de ce nouveau dispositif avant de plaider pour des réformes concrètes : «Il est urgent d’améliorer la coordination entre les différents services régionaux pour permettre une prise en charge holistique des victimes. Notre seconde recommandation concerne le renforcement des capacités des intervenants -qu’ils soient de la santé, de la sécurité, de la justice ou de l’action sociale- afin de leur donner les outils nécessaires pour répondre efficacement aux besoins des survivants. Enfin, la mise en place d’un système de référencement performant est indispensable pour fluidifier le partage d’informations entre les services. Ce serait un véritable pas en avant.»
Par ailleurs, les participants ont fortement recommandé d’intégrer le secteur de l’éducation nationale dans ce dispositif. Selon eux, une part majoritaire des victimes de ces violences est issue du milieu scolaire.
La rencontre s’est clôturée par un engagement ferme des acteurs territoriaux à faire fonctionner ce réseau de manière fluide. Ces derniers ont toutefois profité de la tribune pour lancer un appel solennel à l’Etat : la construction urgente d’un centre régional de prise en charge des Vbg à Sédhiou.
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