Aly Ngouille Ndiaye : «La Ceni est un recul démocratique»
Invité de l’émission «Infos Matin» de Tfm hier, l’ancien ministre de l’Intérieur et leader du parti Ps Jarin, Aly Ngouille Ndiaye, a livré une analyse sans concession sur les chantiers politiques du moment. Alors que le débat sur la création d’une Ceni (Commission électorale nationale indépendante) est le grand tournant de la réforme électoral, Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre de l’Intérieur, ne cache pas son étonnement : «La Ceni est un recul démocratique», dit-il sans ciller.
Ancien ministre de l’Intérieur, qui a organisé des élections dans ce pays, sait de quoi il parle : S’il a tenu à rappeler la fiabilité du système actuel et ne s’oppose pas par principe à une évolution institutionnelle, il a vigoureusement défendu le travail de la Direction générale des élections (Dge) et de l’administration territoriale. «On a tous félicité la Dge. Au Sénégal, on a organisé des élections qui ont provoqué des alternances. On a fait des preuves avec l’Onel puis la Cena. On a toujours amélioré le processus.» Il ajoute : «Notre système électoral est cité en exemple partout en Afrique. Ce sont des experts sénégalais qui vont vendre ce savoir-faire à l’étranger, comme en Guinée. Même en Côte d’Ivoire, on a abrogé la loi créant la Ceni. Il ne faut pas qu’on nous ramène dans les années 90.»
Pour l’ancien ministre, la question n’est pas seulement de changer l’organe de supervision, mais de garantir la transparence à chaque étape. Il a toutefois averti contre toute précipitation qui pourrait fragiliser les acquis démocratiques du pays, tout en rappelant que le consensus de 1992 reste le socle de la stabilité électorale sénégalaise.
LEQUOTIDIEN

