Crise à l’Aftu : Aliou Sall prône le respect de la justice
Dans un contexte de tensions autour du système de billetterie, Aliou Sall, porte-parole de l’Artu, hausse le ton. Sans posture belliqueuse, il appelle au respect strict des décisions de Justice et met en garde contre toute tentative de paralysie du transport urbain.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le climat se tend davantage dans le secteur du transport urbain. Face à la presse, Aliou Sall, porte-parole de l’Association pour la réforme du transport urbain (Artu), a tenu à clarifier la position de son camp dans le différend opposant l’Aftu à Transdev autour du système de billetterie. D’emblée, le ton est donné : «l’Aftu ne défie personne, ne combat personne. Nous nous battons pour des principes», insiste-t-il. Au cœur du litige, une décision de Transdev visant à imposer une nouvelle solution de billetterie, en remplacement de celle de Transpay, jusque-là utilisée et jugée satisfaisante par une grande partie des opérateurs.
Aliou Sall dénonce une démarche unilatérale, contraire aux règles de gouvernance inclusive qui régissent l’Aftu. «Dans une association comme la nôtre, les décisions doivent être concertées, surtout lorsqu’elles impactent directement les transporteurs», martèle-t-il.
Mais c’est surtout sur le terrain judiciaire que le dossier a connu un tournant. Une ordonnance rendue le 28 avril par le Tribunal de grande instance de Dakar a demandé de surseoir au déploiement des nouvelles machines et autorisé la saisie de celles déjà installées. Une décision qui, selon lui, rejoint une instruction antérieure du ministre des Transports terrestres et aériens.
Malgré cela, Aliou Sall déplore la poursuite du «forcing» par certains acteurs, allant jusqu’à évoquer des menaces de paralysie du réseau. «Le transport est un service public. L’Etat ne permettra jamais qu’il soit pris en otage», avertit-il, rappelant que l’Etat est partie prenante dans la gouvernance de l’Aftu.
Interpellé sur la création de l’Artu, il rejette toute idée de scission. «Artu n’est pas un doublon. C’est une structure d’appui pour accompagner les réformes et corriger les dérives», explique-t-il. Selon lui, l’esprit initial de mutualisation qui fondait l’Aftu a été dévoyé, entraînant des dysfonctionnements. Dans un plaidoyer pour l’Etat de Droit, Aliou Sall appelle à la responsabilité collective. «On ne répond pas à une injustice par une autre injustice», tranche-t-il, invitant les acteurs à privilégier le dialogue et le respect des institutions.
En filigrane, c’est toute la gouvernance du transport urbain qui se retrouve questionnée, sur fond de lutte d’influence et d’enjeux économiques majeurs.

