« Aucun navire américain n’a été touché »… Les États-Unis lancent l’opération Project Freedom dans le détroit d’Ormuz

L’armée américaine dément qu’un de ses navires de guerre a été frappé par l’Iran après que l’agence de presse iranienne Fars a fait état, ce lundi 4 mai, de tirs de missiles contre une frégate américaine dans le détroit d’Ormuz. La veille, Donald Trump avait annoncé le lancement d’une opération visant à « libérer les navires » immobilisés dans le détroit.

Par Océane Bourdenet avec agences

« Aucun navire de la Marine américaine n’a été touché », assure lundi 4 mai le Centcom. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que « les forces américaines soutiennent le +Projet Liberté+ et appliquent le blocus naval des ports iraniens ». L’armée américaine a démenti sur X qu’un de ses navires ait été frappé par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, comme l’affirme un média iranien, alors que Washington veut escorter des navires coincés dans le Golfe.

L’Iran a annoncé avoir lancé deux missiles sur un navire militaire américain dans le détroit d’Ormuz, le jour où les États-Unis ont lancé leur opération Project Freedom. Annoncée la veille par le président Donald Trump, cette opération vise à « libérer les navires » bloqués dans le détroit, en faveur des « pays neutres » dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran. La Marine américaine entend aider des navires de pays « qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient » à quitter la zone, a annoncé Donald Trump.

Depuis le 28 février, date du début du conflit, Téhéran a imposé un blocus maritime partiel dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial. Les États-Unis ont fait de même le 13 avril, bloquant en partie cette artère stratégique, afin d’asphyxier économiquement l’Iran, dont les revenus proviennent en grande partie de la vente de pétrole. Cette nouvelle opération américaine menace le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril entre les États-Unis et l’Iran.

Comment Donald Trump compte-t-il « libérer les navires » dans le détroit d’Ormuz? 

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a annoncé le lancement, ce lundi 4 mai, du « Project Freedom », pour « Projet Liberté » en faveur de « pays neutres ». « Nous avons dit à ces pays que nous guiderions leurs navires en toute sécurité hors du détroit, afin qu’ils puissent mener leurs activités librement et efficacement« , a-t-il déclaré. Donald Trump a expliqué que cette opération est « destinée à libérer les personnes, les entreprises et les pays qui n’ont absolument rien fait de mal et qui sont victimes des circonstances ».

Dans son message, le président américain n’a toutefois pas précisé quels pays seraient concernés par cette opération, ni comment elle fonctionnerait concrètement, d’autant que le détroit d’Ormuz serait miné, selon le régime iranien. Ce dernier a également averti que toute ingérence dans l’opération américaine « serait traitée avec fermeté« . 

Le commandement central des États-Unis (CENTCOM) a indiqué, ce dimanche 3 mai, que le dispositif comprendrait des destroyers lance-missiles, plus de 100 aéronefs terrestres et maritimes, ainsi que 15.000 militaires. Le site d’informations américain, Axios, a ensuite précisé que la marine n’escorterait pas nécessairement les navires à travers le détroit.

  • Quelles sont les réactions de l’Iran?

Le commandement militaire iranien a prévenu, ce lundi 4 mai, que l’armée américaine serait attaquée si elle tentait de s’approcher du détroit d’Ormuz. « Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l’agressive armée américaine: s’ils ont l’intention de s’approcher du détroit d’Ormuz ou d’y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués« , a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya, cité par la télévision d’État sur Telegram. 

« Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu [entré en vigueur le 8 avril, ndlr] », avait auparavant averti président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi.

Le journal francophone libanais L’Orient-Le Jour a rappelé, ce lundi 4 mai, que « l’Iran joue la montre face aux États-Unis« , conscient « qu’une victoire militaire est impossible« . Selon le quotidien, la stratégie de Téhéran consiste à accroître le coût de la guerre pour les États-Unis, quoi qu’il lui en coûte. De fait, l’Iran poursuit sa fuite en avant et « met au défi les États-Unis de choisir entre une ‘opération militaire impossible’ ou un ‘mauvais accord‘ » dans le conflit en cours au Moyen-Orient.

  • Où en sont les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran ? 

Entre le détroit d’Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent importants entre les États-Unis et l’Iran. Les pourparlers qui ont eu lieu à Islamabad, au Pakistan, le 11 avril se sont soldés par un échec. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué la diplomatie iranienne, ce dimanche 3 mai. 

De son côté, Donald Trump a déclaré, dimanche, que les États-Unis avaient « des discussions très positives » avec l’Iran qui « pourraient déboucher sur quelque chose de très positif pour tous« , dans un message sur sa plateforme Truth Social. « Mes représentants ont des discussions très positives avec l’Iran, et ces discussions pourraient déboucher sur quelque chose de très positif pour tous« , a écrit le président américain.

Selon la chaîne qatarie Al Jazeera, les responsables iraniens examinent, ce lundi 4 mai, une contre-proposition américaine visant à mettre fin à la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Téhéran réclame dans ce plan une liste de mesures : le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un « mécanisme » concernant le détroit d’Ormuz et « la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban », selon l’agence de presse iranienne Tasnim. Lire la vidéo

Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s’agit d’une question centrale avancée par les États-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que la République islamique dément.

  • Quelles sont les réactions internationales?

Emmanuel Macron a appelé, ce lundi 4 mai, à une réouverture « concertée » du détroit d’Ormuz entre l’Iran et les États-Unis, jugeant que le cadre de la nouvelle opération annoncée par Donald Trump pour débloquer cette voie stratégique majeure n’était « pas clair », selon l’Agence France Presse. Le président français a également réitéré que l’initiative lancée conjointement avec le Premier ministre britannique Keir Starmer pour sécuriser la navigation dans le détroit ne serait pas mise en œuvre tant que les hostilités se poursuivraient entre les États-Unis et l’Iran.

Les difficultés d’approvisionnement en pétrole liées au blocage du détroit d’Ormuz ont des « répercussions énormes » en Asie-Pacifique, a averti lundi la Première ministre japonaise Sanae Takaichi lors d’une visite en Australie. Environ 80 % des hydrocarbures transitant par cette voie maritime sont destinés aux pays asiatiques, selon l’Agence internationale de l’énergie.

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