Révolution agricole intégrée: Sonko trace la voie

En clôturant la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA), le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé les contours d’une politique agricole de rupture. Objectif : structurer une économie endogène, réduire la dépendance alimentaire et accélérer l’industrialisation des filières locales.

La clôture de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales a servi de tribune au Premier ministre Ousmane Sonko pour réaffirmer le rôle central de l’agriculture dans la transformation économique du Sénégal. Dans un discours offensif, le chef du gouvernement a dressé un diagnostic sans concession des politiques antérieures, évoquant des « ratés et tâtonnements » qui ont freiné l’émergence d’un modèle agricole performant. En réponse, l’exécutif entend déployer une politique agricole globale, intégrant pleinement l’élevage et la pêche dans une approche systémique. Cette vision vise à bâtir une économie endogène robuste, capable de réduire significativement la dépendance du pays aux importations alimentaires et de renforcer sa résilience face aux chocs extérieurs.

Mais au-delà de la production, le gouvernement mise sur une transformation structurelle des chaînes de valeur. L’accès au foncier, le financement des exploitations et, surtout, le développement d’une industrie de transformation apparaissent comme les leviers clés de cette stratégie. À cet égard, les filières dérivées – notamment le textile et le cuir – sont appelées à jouer un rôle moteur dans la redynamisation du secteur secondaire, en captant davantage de valeur ajoutée localement.

Dans le même temps, l’État entend sécuriser les débouchés des producteurs à travers un recours accru à la commande publique. Le Premier ministre a ainsi annoncé l’instauration d’une préférence nationale dans l’approvisionnement des institutions publiques – casernes, écoles et universités – avec une priorité donnée au riz local. Cette mesure vise à stabiliser les revenus agricoles, structurer les marchés et encourager la production nationale.

À travers ces orientations, le gouvernement sénégalais esquisse une inflexion stratégique majeure, plaçant la souveraineté alimentaire et l’industrialisation au cœur de son agenda économique. Reste désormais à traduire ces ambitions en actions concrètes, condition déterminante pour transformer durablement le secteur agricole en véritable moteur de croissance et d’emplois.

JEAN PIERRE MALOU

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