Reprise de West African Energy : La Senelec court-circuite les actionnaires
Dans un communiqué officiel publié ce 25 avril 2026, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a annoncé avoir finalisé l’acquisition de 100% des actions de West African energy (Wae). Cette opération stratégique marque un tournant décisif pour la sécurité énergétique du pays, plaçant la centrale de 360 Mw de Cap des Biches sous le giron exclusif de l’Etat. Un projet vital pour le réseau national secoué par une guerre entre actionnaires depuis plusieurs mois.
La centrale de West African Energy n’est pas une infrastructure ordinaire. Avec une capacité de 360 Mw, elle est conçue pour couvrir près de 25% de la demande nationale en électricité. Jusqu’ici portée par des investisseurs nationaux, cette centrale à cycle combiné constitue le plus grand projet énergétique jamais initié par le secteur privé sénégalais. L’objectif de cette reprise par la Senelec est clair : sécuriser et accélérer la mise en service complète de cet outil industriel pour garantir la stabilité de la fourniture électrique à travers le pays.
Une intervention de l’Etat pour sortir de l’impasse ? Le communiqué révèle que le projet a traversé une zone de turbulences majeure. Des difficultés de gouvernance et un différend entre actionnaires avaient entraîné une suspension des financements, menaçant de paralyser les travaux à la suite de l’arrestation de l’ex-Dg de Wae. Mais, le mardi 27 janvier 2026, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel avait prononcé l’annulation totale de l’ordonnance de renvoi qui visait Samuel Amète Sarr, marquant un tournant décisif dans le dossier alors qu’il a toujours clamé son innocence.
Face au risque de «retard critique», l’Etat du Sénégal est intervenu directement dès mai 2024. Sous l’impulsion du ministre de l’Energie, du pétrole et des mines, une action coordonnée a permis la résolution du conflit entre les actionnaires, la sécurisation des financements nécessaires et la stabilisation du cadre de gestion. Le rachat intégral par la Senelec apparaît ainsi comme la solution ultime pour pérenniser le projet et protéger les intérêts stratégiques de la Nation.
Un avancement à 97, 5%
Malgré les obstacles rencontrés, le chantier est aujourd’hui dans sa phase terminale, selon la Sanelec. Le taux d’avancement global affiche 97, 5%. Plusieurs jalons techniques cruciaux ont déjà été franchis : 11 avril 2025, il y a eu la première synchronisation réussie au réseau national, suivie d’une mise en exploitation progressive, car les turbines (d’une puissance de 127 Mw chacune) montent en puissance. Pour la transition opérationnelle, la Senelec assure que le transfert des installations à l’équipe d’exploitation est désormais effectif.
Au-delà de la puissance installée, ce projet s’inscrit dans la stratégie de transition énergétique du Sénégal. En privilégiant une production à base de gaz naturel, moins carbonée que le fioul lourd, la Senelec renforce son engagement pour une énergie durable. Cette installation devait aussi compter sur Yaakar Teranga dont le projet est à l’arrêt après le départ confirmé de Kosmos Energy.
En devenant actionnaire unique, la Senelec ne se contente pas de racheter une centrale ; elle réaffirme son rôle de pilier central dans la quête d’une souveraineté énergétique totale, assurant que l’un des poumons électriques du Sénégal reste entre des mains nationales.

