La relation privilégiée de Madrid avec Pékin réveille des tensions avec Washington

Alors que l’ordre international vacille et que les tensions s’accumulent entre l’Europe et les États-Unis, Madrid fait un pari assumé. De nouveau en visite en Chine, Pedro Sanchez défend la voie d’un monde multipolaire, où l’Europe coopère davantage avec la Chine.

Avec Clea Broadhurst correspondante RFI à Pékin

Avec sa quatrième visite en Chine en à peine trois ans, Pedro Sanchez confirme son cap et s’inscrit dans la durée. À Pékin, le chef du gouvernement espagnol assume clairement son choix politique de se tourner vers le géant asiatique. Et côté chinois, l’accueil est à la hauteur puisque Xi Jinping voit dans ce rapprochement un levier pour renforcer ses liens avec l’Europe. Dans un contexte de tensions avec Washington, Pékin cherche à consolider des partenaires sur le continent. L’Espagne en profite et se positionne comme un interlocuteur privilégié.

Intérêts convergents, tensions avec les États-Unis en commun

Les messages sont alignés. Quand Xi dénonce un monde régi par la « loi de la jungle » et appelle à défendre le multilatéralisme, Sanchez invite la Chine à jouer un rôle accru sur les grandes crises internationales, allant du climat au Moyen-Orient. Sur le plan économique aussi, les intérêts convergent. Pékin ouvre davantage son marché à certains produits espagnols, tandis que Madrid attire des investissements et projets industriels chinois, notamment dans les batteries et les technologies.

Et ce rapprochement intervient dans un climat de tensions avec les États-Unis, après le refus espagnol de soutenir des opérations contre l’Iran. Reste une question : jusqu’où l’Espagne peut-elle se rapprocher de Pékin sans fragiliser l’unité européenne ?

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