Plusieurs missiles nord-coréens détectés par Séoul et Tokyo
La Corée du Nord a tiré des missiles balistiques à courte portée à deux reprises mercredi 8 avril, selon l’armée sud-coréenne, qui avait déjà signalé un lancement similaire la veille.
TV5MONDE – avec AFP © 2026 AFP
L’armée sud-coréenne a indiqué avoir détecté dans la matinée « plusieurs missiles balistiques non-identifiés tirés depuis la région de Wonsan en Corée du Nord, vers la mer de l’Est« , en référence au nom coréen de la mer du Japon. Les projectiles ont volé sur environ 240 kilomètres.
Plusieurs heures plus tard, Séoul a annoncé qu’un autre missile balistique avait été tiré en direction de la mer de l’Est, sans fournir davantage de détails.
Un peu plus tôt, l’armée sud-coréenne avait déjà rapporté le lancement, mardi, d’un « projectile non-identifié« , cette fois depuis la région de Pyongyang, la capitale nord-coréenne. Peu après, les garde-côtes japonais ont eux aussi indiqué qu’ »un objet soupçonné d’être un missile balistique a été lancé depuis la Corée du Nord« .
« Il est conseillé aux navires de rester vigilants dans l’attente de nouvelles informations et, s’ils aperçoivent des débris en chute, de s’en tenir à distance et de signaler tout renseignement pertinent aux garde-côtes japonais. »
Gardes-côtes japonais
Ces nouveaux tirs interviennent peu après des excuses de Séoul pour l’envoi de drones au Nord par des civils en janvier, un épisode qui avait provoqué la colère de Pyongyang.
Le Bureau de la sécurité nationale de la Maison Bleue, siège de la présidence sud-coréenne, a tenu une réunion d’urgence après ces lancements. Il a indiqué que, « compte tenu du conflit en cours au Moyen-Orient, les agences concernées ont reçu pour instruction de redoubler de vigilance afin de maintenir un état de préparation optimal« .
Dans un communiqué, le Bureau a « exhorté la Corée du Nord à cesser sans délai ses tirs de missiles balistiques« , qualifiant ces actes de « provocateurs » et contraires aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Tensions persistantes
Selon des analystes, ces tirs montrent que le régime nord-coréen reste sourd aux tentatives d’apaisement venues de Séoul, malgré les signaux adressés par la nouvelle présidence sud-coréenne. Kim Yo Jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a qualifié de « sage » la décision de Lee Jae Myung d’exprimer des regrets.
Le président sud-coréen cherche à améliorer les relations intercoréennes depuis son élection en juin, rompant avec la ligne dure de son prédécesseur conservateur. Mais mardi, un haut responsable de la diplomatie nord-coréenne a jugé « absurdes » les informations relayées par les médias sud-coréens présentant les commentaires de Kim Yo Jong de manière positive.
« Cela restera également dans les annales comme une ‘interprétation rêveuse et pleine d’espoir de la part d’imbéciles’ qui stupéfient le monde. »
Jang Kum-chol, premier vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères
Il a aussi réaffirmé que le Nord considérait le Sud comme « l’État ennemi le plus hostile« .
« Les tirs successifs et les récentes déclarations (de Pyongyang) soulignent la détermination de la Corée du Nord à ignorer les tentatives du Sud d’améliorer les relations intercoréennes« , a résumé Lim Eul-chul, expert de la Corée du Nord à l’université Kyungnam.
Quatrième test depuis le début de l’année
Les lancements de mercredi constituent le quatrième test de missiles balistiques nord-coréen connu depuis le début de l’année. Mi-mars, l’armée sud-coréenne avait déjà détecté « environ dix missiles balistiques non-identifiés lancés depuis la région de Sunan en Corée du Nord » vers la mer du Japon, en pleine manœuvres militaires conjointes avec les États-Unis.
Sous la présidence de Yoon Suk Yeol, les tensions s’étaient fortement aggravées, notamment après des nuées de ballons transportant des immondices envoyées par le Nord à l’été 2024, en réponse à l’envoi, depuis le Sud, de propagande par des militants anti-Pyongyang.
Yoon Suk Yeol est par ailleurs accusé d’avoir ordonné le vol de drones au Nord, afin de provoquer une réaction de Pyongyang qui aurait servi de prétexte à la déclaration de la loi martiale, ayant conduit à sa chute en avril 2025.

