2.200 soldats déployés dans 5 provinces : l’Afrique du Sud se mobilise contre les gangs et la criminalité
En Afrique du Sud, plus de 2.000 soldats ont été déployés dans plusieurs régions pour épauler la police face à une criminalité en forte hausse. Une mesure appréciée par les habitants, dans un pays secoué par des vagues de violences, alimentées notamment par des guerres de gangs.
Dans les quartiers défavorisés des Cape Flats, au Cap, gangrénés par la drogue et la criminalité, une nouvelle opération militaire a été lancée pour restaurer la sécurité et soutenir les populations locales. Ce mardi 31 mars, une parade conjointe de policiers et de soldats a marqué le début officiel de cette mesure, soulignant l’engagement des forces armées à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre.
Pas de résultat durable?
Annoncé par le président Cyril Ramaphosa en début d’année, le déploiement concerne 2.200 soldats dans cinq des neuf provinces du pays les plus touchées par la criminalité. L’opération devrait durer un an. Les autorités ont expliqué que ce déploiement vise à rétablir l’ordre dans un pays en proie à l’exploitation minière illégale et la violence des gangs. L’Afrique du Sud affiche l’un des taux d’homicides les plus élevés au monde. Entre octobre et décembre 2025, environ 71 personnes auraient été tuées chaque jour, selon les données sur la criminalité
La coopération entre les militaires et la police, déjà éprouvée lors d’opérations aux frontières, est désormais déployée dans les rues de Beacon Valley, un quartier particulièrement touché par les affrontements entre gangs. Dès le premier jour, des perquisitions ont été menées pour saisir des armes illégales et de la drogue. « C’est un grand soulagement de voir la police et l’armée travailler ensemble« , a déclaré une résidente. Un autre souligne l’importance pour les soldats de comprendre les réalités locales et de s’engager directement avec les communautés.
En 2019, un millier de soldats avaient déjà été mobilisés pour lutter contre les gangs, mais les violences avaient repris après leur retrait. Depuis, l’armée est régulièrement sollicitée pour sécuriser les frontières et protéger des infrastructures stratégiques. Mais pour de nombreux détracteurs, le recours à l’armée pour assurer le maintien de l’ordre civil donne rarement des résultats durables.
« Une limite dans les capacités de l’État sud-africain »
« Aujourd’hui, les militaires sont utilisés pour tout types de rôles mais cela n’est pas une organisation universelle qui peut être utilisée contre le crime, l’immigration illégale et la protection des infrastructures, explique à TV5MONDE la professeure de sociologie à l’université de Stellenbosch, Lindy Heinecken. Pour le moment, je ne pense pas que l’État a beaucoup d’alternative mais cela indique une limite dans les capacités de l’État sud-africain. »
L’opération actuelle, qui s’étend également à certaines zones de Johannesbourg et à trois autres régions du pays, est estimée à un coût de 42 millions d’euros. De nombreuses questions demeurent quant aux modalités concrètes de ces interventions et à l’avenir de la mission après sa date de fin prévue le 31 mars 2027. Les autorités n’ont pas encore précisé les mesures qui seront prises une fois l’opération terminée, laissant planer des incertitudes sur la pérennité des efforts de sécurité dans ces zones sensibles.

