Candidature à l’Onu : MACKY DÉROULE – Son site de campagne lancé hier

Sans donner l’impression de vouloir s’élancer, la campagne de l’ancien chef de l’Etat pour la succession de Antonio Guterres est en train de s’emballer. Hier a été lancé son site web, avant les étapes des dialogues avec les représentants des pays membres de l’Ag de l’Onu, ainsi que ceux des Ong affiliées.

Le site internet mackysall4un@org est fonctionnel depuis hier. Tous ceux qui s’intéressent aux développements de la candidature de l’ancien Président du Sénégal pourraient se mettre à jour sur ce site. On pourrait donc estimer que le Président Sall est en train de prendre sa vitesse de croisière. Et comme à son habitude, à l’image des crocodiles de Yamoussokro, Macky Sall, alors qu’il renvoie (exprès ?) une image ronronnante, semblant avoir de la peine à garder les yeux ouvertes, son équipe de campagne se met déjà au travail, de Marrakech à New York, en passant par Dakar et sans doute Paris.
Les péripéties qui ont entouré sa candidature par l’Union africaine sont déjà oubliées. En fait, l’étape de la fameuse «procédure de silence» a plus mis en avant les clivages traditionnels entre différents pays d’Afrique qu’un quelconque rejet de la candidature de Macky Sall. La preuve, aucune autre candidature africaine ne s’est à ce jour manifestée. Comme le dit l’entourage du Président Sall, il était certain que l’Algérie et la Rasd n’allaient jamais soutenir la candidature de quelqu’un qui a fait du Maroc son pays de résidence.

La prochaine étape maintenant est, sans doute, l’échange des candidats à l’Assemblée générale de l’Onu. Cela est l’occasion pour les différents candidats de dialoguer avec les pays membres. Ce sera probablement à la fin du mois d’avril, si la jurisprudence de 2016 est respectée. Les candidats se présentent individuellement devant les membres de l’As­semblée générale, devant lesquels ils exposent les grandes lignes de leur programme, pendant une dizaine de minutes. A la suite de quoi ils répondront aux questions de l’Assemblée.
Les candidats rencontreront aussi les représentants des Organisations non gouvernementales (Ong) accréditées auprès des Nations unies. L’exercice, là aussi, se poursuivra comme avec les représentants des pays membres.
Toutefois, toutes ces manœuvres, bien qu’importantes, n’ont qu’une valeur très relative. Tout le monde a fini par comprendre que les véritables enjeux se trouvent auprès des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, et en particulier des 5 membres détenteurs du droit de véto. L’enjeu pour les candidats est de faire en sorte de ne pas s’attirer l’inimitié d’un quelconque pays, et ce, pour un motif quelconque.

Dans ces colonnes, on a souvent souligné que Macky Sall avait la chance d’entretenir de très bons rapports avec quasiment l’ensemble des dirigeants des pays membres du Conseil de sécurité. En dehors de l’Anglais Keir Starmer, Macky Sall a, à une période ou à une autre, entretenu un bon commerce avec ces dirigeants. Mieux, Emmanuel Macron a été à un moment son «patron» quand il a quitté le pouvoir, avant qu’il ne démissionne après une courte période. Si les deux hommes continuent de garder de bons rapports, certains observateurs estiment que cela pourrait même, à un certain point, s’avérer être un handicap. Un appui trop affiché de Macron en faveur de Macky Sall pourrait faire croire à certains pays que le candidat sénégalais pourrait être «l’homme de la Françafri­que», et ainsi le plomber.

Mais connaissant l’homme Macky Sall, on sait qu’il s’est entouré, pour sa campagne, d’une fine équipe, multidimensionnelle. Ladite équipe n’est pas composée que de Séné­galais, loin de là.

Pour lui qui se vante de n’avoir jamais perdu d’élection au Sénégal, on peut penser qu’il se fait un point d’honneur de réaliser les mêmes prouesses au niveau international. Quant aux Sénégalais fiers de leur pays, c’est le seul mal qu’ils pourraient lui souhaiter en ce moment.

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