« De gré ou de force »: l’armée congolaise veut désarmer les FDLR, milice ennemie du Rwanda et liée au génocide des Tutsi
L’armée congolaise a annoncé commencer le désarmement visant les FDLR, une milice liée au génocide des Tutsi au Rwanda. C’est ce que prévoyait l’accord de paix signé cet été entre Kinshasa et Kigali, qui peine à être mis en œuvre.
TV5MONDE – avec agences
« Ils doivent remettre leurs armes, de leur plein gré ou par la force« . À en croire le chef d’état-major adjoint des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le lieutenant-général Nduru Jacques Ychaligonza, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) n’ont pas le choix. Groupe armé qui sévit dans l’Est du pays où il s’est implanté, les FDLR avaient été fondées par d’anciens responsables hutu rwandais du génocide des Tutsi de 1994.
Le lieutenant-général, Nduru Jacques Ychaligonza, chef d’état-major adjoint de l’armée congolaise a affirmé ce dimanche 29 mars à des journalistes qu’il avait été dépêché dans la ville de Kisangani, dans le nord-est du pays, pour lancer les préparatifs d’opérations visant les FDLR, selon des propos rapportés par l’agence de presse Reuters.
« Nous n’avons pas besoin d’un bain de sang«
La première phase consisterait à convaincre les combattants de se rendre. « Nous n’avons pas besoin d’un bain de sang« , a-t-il souligné. L’officier a rapporté qu’un centre d’accueil avait été mis en place à Kisangani pour recevoir ceux qui déposeraient les armes et que les combattants seraient à terme envoyés au Rwanda.
La RD Congo et le Rwanda ont signé un accord de paix fin juin à Washington, mais les deux pays avaient reconnu début novembre le manque de progrès et s’étaient engagés « à redoubler d’efforts » pour mettre en œuvre l’accord. Kigali conditionne la levée de ce qu’il appelle ses « mesures défensives » à la neutralisation des FDLR, un groupe qu’il considère comme une « menace existentielle« .
Lors d’une nouvelle rencontre à Washington, les représentants de la RDC et du Rwanda se sont accordés, mardi 17 et mercredi 18 mars, sur des mesures visant à respecter le fragile accord de paix, selon la diplomatie américaine.
Les deux pays avaient convenu de « mesures concrètes » pour « apaiser les tensions et faire progresser la situation sur le terrain« . « Ces efforts comprennent un engagement mutuel à prendre des mesures spécifiques pour soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’autre partie, le retrait programmé des forces et la levée des mesures défensives« , selon une déclaration commune.
Au début du mois, les États-Unis avaient aussi sanctionné les forces de défense rwandaises pour leur soutien au mouvement rebelle M23. L’accord de paix signé en décembre n’a pas fait cesser les combats dans l’est de la RDC, où le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, contrôle des villes stratégiques. Cette région est en proie à des violences depuis plus de 30 ans, en raison de la présence de multiples milices et groupes armés.

