Thies-Diourbel: Aquatech tire un « bilan chaotique » (2/4)
Délégataire du service public de l’eau à Thiès et Diourbel, la société Aquatech ne gère que 126 forages sur un total de 264. Le fermier, en activité depuis avril 2018, se heurte à la défiance des populations qui ont créé des collectifs « Aquatech Dégage ». Chez le délégataire du service public de l’eau dans la région de Thiès et Diourbel, on ne tourne pas autour du pot. « Le bilan est chaotique », résume Modou Ngoné Niass, directeur de l’exploitation de la société Aquatech. Il évoque notamment « une forte résistance » des Associations d’usagers des forages (Asufor), de certaines autorités politiques, religieuses et coutumières. L’opérateur reproche aussi à l’État de ne pas suffisamment porter la réforme.
« Cela se traduit par un retard dans les investissements de mise à niveau et une communication ambivalente de certaines autorités politiques », déplore M. Niass qui a démarré ses activités en avril 2018. Pour le fermier, cette situation a entraîné une « cohabitation problématique » entre les deux systèmes, anciens comités de gestion et opérateurs, avec pour conséquence « un taux de recouvrement trop faible, loin en deçà du taux contractuel ». Sur le plan opérationnel, les résultats restent limités. « Après huit ans de mise en œuvre, le taux d’incorporation peine à franchir le cap des 48 % », souligne M. Niass. À titre illustratif, les sites intégrés concernent en grande partie des forages déficitaires, souvent avec « moins de 100 abonnés actifs ». À ce jour, Aquatech dit exploiter 126 forages sur un total de 264, soit un taux d’incorporation de 48 %. Hormis le site de Gadd Escal dont le nouveau forage n’est pas encore fonctionnel, tous les ouvrages sont en service, certains étant alimentés par des réseaux interconnectés.
Les difficultés sur le terrain restent nombreuses : vétusté des ouvrages de production et du réseau, système de comptage défaillant, refus d’opérer dans certaines localités ou encore sous-traitants et main-d’œuvre mal formés. Autant de facteurs qui compliquent la gestion quotidienne. Malgré ces contraintes, des efforts sont consentis pour garantir la qualité de l’eau et la continuité du service. Le nettoyage régulier des cuves et le traitement microbiologique par des unités de chloration permettent d’assurer la qualité sanitaire. Des actions de maintenance préventive sont menées tandis que l’interconnexion de réseaux aide à compenser les déficits de production. Interrogé sur le préjudice estimé à 4 milliards de FCfa en 2025 lié à la non-gestion totale des forages, Modou Ngoné Niass se veut prudent : « Le dossier étant pendant devant la justice, nous ne pouvons pas faire de commentaire », dit-il. Au final, dans la zone de Thiès-Diourbel, le bilan de Aquatech met en évidence la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs pour garantir un service public de l’eau plus performant, durable et équitable pour les populations rurales.
B.G.D
LESOLEIL

