Tambacounda: La Société de gestion des ouvrages d’eau du Sénégal (Soges) noyée dans des difficultés du réseau (4/4)

Depuis octobre 2018, la Société de gestion des ouvrages d’eau du Sénégal (Soges) affiche des progrès dans l’exploitation des ouvrages. Mais des insuffisances structurelles continuent de freiner la performance du service.

Depuis le démarrage de ses activités en octobre 2018, la Société de gestion des ouvrages d’eau du Sénégal (Soges) met en avant plusieurs acquis dans la gestion de l’hydraulique rurale dans la zone de Tambacounda où elle opère. Parmi les principales réussites, Malick Sow, directeur général de Soges, cite la modernisation progressive des installations. La solarisation de plusieurs sites de forage et l’électrification d’autres ont permis d’améliorer la continuité du service. L’entreprise a également procédé à la remise en service de nombreux forages à l’arrêt au début de l’exploitation, contribuant ainsi à renforcer l’offre en eau potable. Des efforts ont aussi été consentis en matière de gestion technique. Le suivi des indicateurs de performance, le monitoring des installations et la fiabilisation des données de production et de distribution ont permis une meilleure maîtrise des ouvrages. Par ailleurs, le recrutement et la formation de personnel local ont favorisé le développement de compétences dans les zones d’intervention.

Ces avancées n’occultent cependant pas des insuffisances majeures. « Le premier manquement concerne le déficit de production dans certaines zones, notamment à Bakel et Goudiry où les nappes sont peu productives. Les débits sont faibles, rendant difficile la satisfaction de la demande, même avec un fonctionnement continu des forages, indique Malick Sow. Le deuxième point critique est le faible taux d’enrôlement des forages, estimé à 45 % en 2026 sur les 227 systèmes d’approvisionnement en eau potable (Saep). Cette situation reflète les difficultés d’intégration de l’ensemble des ouvrages dans le périmètre d’exploitation et limite l’impact des actions menées. À cela s’ajoutent des contraintes techniques persistantes, notamment liées à la vétusté des équipements, à l’absence de standardisation et à la diversité des matériels, compliquant ainsi la maintenance. Les pertes importantes d’eau et d’énergie témoignent également des limites du système actuel.

Les difficultés sont aussi d’ordre économique et institutionnel. Le coût élevé de l’énergie, les impayés de certains usagers publics et les retards dans le remboursement de la Taxe sur la valeur ajoutée pèsent lourdement sur la trésorerie de l’opérateur. Dans un contexte marqué par la vulnérabilité des populations, ces facteurs fragilisent davantage l’équilibre financier de la Soges. Enfin, la dispersion géographique des sites dans une vaste zone comme Tambacounda complique les interventions et augmente les charges d’exploitation. Ainsi, le bilan de la Soges apparaît contrasté, entre progrès réels dans la gestion technique et contraintes structurelles persistantes. Selon Malick Sow, l’amélioration durable du service passera nécessairement par un renforcement de la production, une meilleure prise en charge des réalités locales et un accompagnement institutionnel plus soutenu.

• Par Babacar Guèye DIOP

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