Vol de bétail à Goudomp : les éleveurs impuissants face aux réseaux criminels frontaliers
Dans le département de Goudomp, le bétail n’est pas seulement une ressource économique ; c’est le coffre-fort d’une vie et le socle de la dignité sociale. Pourtant, ce patrimoine séculaire est aujourd’hui menacé par une insécurité grandissante. Entre angoisse et sentiment d’abandon, les chefs de famille voient leurs troupeaux s’évanouir dans la nature, emportés par des bandes armées.
Le bétail, une épargne qui s’envole
À Goudomp, perdre ses vaches revient à tout perdre. Pour ces éleveurs, le bétail représente l’épargne de toute une existence. La recrudescence des vols plonge les foyers dans un désespoir profond. Le président des éleveurs locaux, Omar FOFANA, ne cache pas son impuissance face à l’ampleur du phénomène. « C’est très compliqué chez nous. Des personnes armées viennent récupérer vos vaches, et vous n’y pouvez rien. Ici, perdre son troupeau, c’est perdre l’épargne d’une vie et sa dignité », témoigne le président des éleveurs.
Une frontière poreuse, refuge des malfaiteurs
La géographie du département de Goudomp est au cœur du problème. Bordé par la frontière avec la Guinée-Bissau, le territoire est devenu le terrain de jeu de bandes organisées et souvent lourdement armées. Ces malfaiteurs profitent de la porosité de la frontière pour mener des razzias avant de se replier hors de portée des patrouilles locales. « Nous surveillons nos vaches, mais les voleurs nous surveillent également », déplorent les éleveurs, victimes d’un système de repérage sophistiqué de la part des malfrats.
Appel à une intervention d’urgence des autorités
Face à cette menace qui vide les étables, les éleveurs de Goudomp lance un appel pressant à l’État et aux forces de défense et de sécurité. L’urgence d’une réponse sécuritaire robuste est sur toutes les lèvres pour éradiquer ces réseaux criminels transfrontaliers. Si rien n’est fait, c’est toute une culture pastorale qui risque de s’éteindre. L’abandon de l’élevage pourrait transformer ces villages dynamiques en « villages fantômes »,
privant les générations futures d’un héritage essentiel. À Goudomp, la protection du bétail est désormais une question de survie communautaire.
Liboire SAGNA

