Campagne agricole 2026 : le ministère de l’Agriculture prend les devants
Le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a présenté le 24 mars, à Dakar, la feuille de route du programme « Santé des sols », couplée à la validation du plan d’action sur les engrais pour la campagne agricole 2026. Cette rencontre stratégique a réuni l’ensemble des acteurs du secteur agricole autour des enjeux liés à la productivité et à la durabilité des systèmes de production.
Dans un contexte international marqué par plusieurs incertitudes, le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage veut prendre les dispositions nécessaires pour assurer une bonne campagne agricole 2026. Dès lors, ses services techniques, les partenaires au développement et les organisations de producteurs ont pris part aux échanges organisés, le 24 mars, à Dakar, par la tutelle en apportant leurs contributions à l’élaboration de solutions adaptées aux réalités du terrain. L’objectif, indique une note partagée par le ministère, est de consolider les bases d’une agriculture plus performante tout en assurant une gestion durable des ressources naturelles. La feuille de route du programme « Santé des sols » vise notamment à restaurer et à préserver la fertilité des terres agricoles. Elle prévoit aussi la promotion de pratiques agricoles adaptées et fondées sur l’analyse systématique des sols, une fertilisation raisonnée et l’introduction de technologies innovantes.
Ce programme constitue ainsi un levier essentiel pour améliorer durablement les rendements agricoles et renforcer la sécurité alimentaire. Parallèlement, la validation du plan d’action sur les engrais pour la campagne 2026 marque, selon la source, une étape importante dans la préparation de la saison agricole. Il met l’accent sur la disponibilité et l’accessibilité des intrants agricoles, mais aussi insiste sur la qualité des produits distribués aux producteurs. De même, il prévoit un renforcement des mécanismes de régulation du marché afin de lutter contre la circulation d’engrais frauduleux ou de qualité douteuse. Cependant, la préparation de cette campagne intervient dans un contexte international particulièrement tendu.
Le conflit au Moyen-Orient perturbe, en effet, les chaînes mondiales d’approvisionnement en engrais et entraîne une forte volatilité des prix, car une part importante du commerce international de ces intrants transite habituellement par le détroit d’Ormuz, aujourd’hui fortement affecté par les tensions géopolitiques. Cette situation accentue les risques de pénurie et de renchérissement des coûts pour les pays importateurs, dont le Sénégal. Face à ces incertitudes, les autorités sénégalaises appellent à accélérer la mise en place de solutions alternatives capables de réduire la dépendance aux marchés extérieurs.
Dans cette perspective, l’accent est mis sur la valorisation de la recherche nationale et sur le développement d’options locales, particulièrement les engrais organiques. L’objectif est de promouvoir des pratiques agricoles plus durables tout en sécurisant l’approvisionnement des producteurs. Les autorités ont, à cette occasion, réaffirmé leur engagement à accompagner les agriculteurs à travers des politiques publiques adaptées, des subventions ciblées et un encadrement technique renforcé. À travers cette initiative, le Sénégal entend poser les bases d’une agriculture plus résiliente et compétitive, en plaçant la santé des sols et l’innovation au cœur de sa stratégie de développement agricole.
Oumar FÉDIOR
LESOLEIL

