Le Plan Diomaye, au cœur des politiques publiques en Casamance

Ziguinchor, (APS) – Deux ans après l’accession du chef de l’Etat à la magistrature suprême, la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance (PDC) s’accélère. Des avancées sont notées sur le terrain, parallèlement à une intensification des opérations sécuritaires contre le trafic de chanvre indien, sur fond d’appels renouvelés des autorités en faveur de la paix.

Conçu comme un levier de stabilisation et de relance économique, le Plan Diomaye pour la Casamance, officiellement lancé le 8 octobre 2024, vise le désenclavement et la consolidation de la paix dans le sud du Sénégal.

La partie méridionale du Sénégal a beaucoup souffert de la crise indépendantiste, vieille de 40 ans.

Ce programme, doté d’un budget initial d’environ 53 à 54 milliards FCFA, s’articule autour du retour des déplacés, de la reconstruction et de la relance économique, à travers le développement des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Au 19 novembre 2025, le taux d’exécution des investissements était de 46 % à Ziguinchor, selon le gouverneur de la région, Mor Talla Tine.

Une progression confirmée le 21 décembre 2025 par le directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC). Iba Sané a fait état d’un taux d’exécution de 46 % à Ziguinchor, 32 % à Kolda et 28 % à Sédhiou, à l’issue d’une évaluation menée en novembre 2025.

S’exprimant lors de la visite du chef de l’État à Ziguinchor, en décembre dernier, M. Sané a précisé que sur un engagement financier global de 53 milliards 629 millions 248 mille 187 francs CFA, la région de Ziguinchor va bénéficier de 29 milliards 144 millions 918 mille francs CFA, suivie de Kolda avec environ 13 milliards, puis de Sédhiou avec 10 milliards de francs CFA.

Les investissements ont permis la réalisation d’infrastructures routières, hydrauliques et sanitaires, l’aménagement de 556 hectares agricoles, ainsi que le retour de 4 755 ménages dans 117 villages en 2025, contre 4 047 en 2024.

En parallèle, les autorités ont intensifié les opérations de sécurisation dans les zones frontalières, où la culture illicite de chanvre indien alimente les réseaux criminels.

Le 25 juin 2025, le ministre de l’Intérieur d’alors, Jean-Baptiste Tine, annonçait à Ziguinchor la destruction de près de 400 hectares de champs dans les îles Karones, en même temps que la saisie de 4 000 kilogrammes de drogue. Il avait salué, à cette occasion, l’efficacité des opérations conjointes des forces de défense et de sécurité. Il reste que la persistance de ces activités illicites souligne l’ampleur des défis sécuritaires.

Le 12 mars 2026, une opération militaire a conduit à un affrontement ayant causé la mort d’un soldat à Kadialock, dans le département de Bignona, sans compter six blessés enregistrés, selon la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA).

Cinq jours plus tard, une explosion accidentelle survenue dans le Nord-Sindian a coûté la vie à trois militaires et fait trois blessés supplémentaires, toujours selon la DIRPA.

C’est dans ce contexte que le Premier ministre, Ousmane Sonko, a lancé, le 21 mars 2026 à Ziguinchor, un appel à la préservation de la paix, à l’issue de la prière de l’Aïd el-Fitr à la mosquée HLM.

Il a assuré ses condoléances aux familles des soldats décédés, tout en assurant que l’État ne ménagera aucun effort pour garantir l’intégrité du territoire national.

Le chef du gouvernement a prôné le dialogue et le consensus.

A l’en croire, les violences enregistrées dans la région sont désormais davantage liées aux activités criminelles, notamment la culture illicite de cannabis, qu’à des revendications indépendantistes.

Le chef du gouvernement a ainsi invité les groupes armés à renoncer au maquis et à réintégrer la vie civile.

Face aux défis persistants, les autorités sénégalaises misent sur une stratégie combinant la lutte contre les trafics de toutes sortes  et la promotion d’alternatives économiques durables, notamment pour les jeunes impliqués dans des activités illicites.

La dernière tournée présidentielle dans les régions de Ziguinchor et Sédhiou a permis de réaffirmer cette double priorité : accélérer les projets structurants et renforcer la sécurisation.

Sur cette base, le Plan Diomaye pour la Casamance s’impose progressivement comme un cadre central de l’action publique, articulant paix, sécurité et développement dans cette région du sud du Sénégal.

MNF/BK

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