Retrait du trophée du Sénégal au profit du Maroc : Me Augustin Senghor démonte l’illégalité de la décision la CAF
Me Augustin Senghor a dénoncé hier, mercredi, l’injustice exercée par la Confédération africaine de football qui a désigné le Maroc comme vainqueur par forfait de la CAN 2025. L’ex président de la Fédération sénégalaise de football et actuel président de la commission juridique de la CAF estime que cette décision du jury d’appel est illégale. Il prévient que cette mesure est très grave pour l’avenir du football africain et constitue un « précédent dangereux » dans le football mondial. Il considère que le Sénégal doit faire bloc autour de ce dossier et mener le combat jusqu’au bout.
« Je l’assume, cette décision est illégale »
Me Augustin Senghor a dénoncé l’illégalité de la décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 remporté (1-0) face au Maroc. «Ce que j’ai dit, je l’assume, cette décision est illégale. Cette commission de recours n’a pas de compétence. Ils ont excédé de leur pouvoir et donc on a le droit de les dénoncer, même si nous restons loyaux à la CAF, à notre organisation, nous devons les dénoncer. Sinon, nous serions complice de quelque chose d’innommable comme beaucoup de situations, l’élimination du président de la commission des arbitres. Les gens disent que l’arbitrage africain marche sur la tête, mais c’est en réalité toute une organisation autour qui pose problème et tout ça, il faut qu’on le règle », a-t-il réagi.
Il y a une violation du déroulement de la procédure
L’ex président de la Fédération sénégalaise de football estime qu’il a eu violation du déroulement de la procédure du fait que la Fédération sénégalaise de football n’ a pu, même si elle n’avait pas fait appel, être entendu. « C’est après coup que j’ai su que nos dirigeants avaient été entendus dans l’après-midi. Mais c’est déjà un problème quand une affaire comme ça, aussi importante, est jugée en l’absence de toute information pour le comité exécutif. Et même après. les membres du comité exécutif, ils apprennent cette décision par le communiqué de la CAF, en même temps que tout le monde. Donc ça montre qu’il y avait quelque chose à cacher », relève-t-il avant de poursuivre : « Si nos représentants dans cette réunion ont été entendus et qu’on ne leur a pas permis de plaider, c’est une violation du droit de n’être entendu. Parce que les avocats de la Fédération auraient pu être entendu même si elle n’a pas fait appel. Un autre aspect qui me paraît important, c’est très technique, c’est très compliqué.il faut, construire un pool solide qui doit travailler sur ce dossier pour le gagner. Ce n’est pas que de l’intérêt du football sénégalais, c’est de l’intérêt du football africain qu’il s’agit, et il faut qu’on mène ce combat jusqu’au bout ».
«Un précédent dangereux et une menace pour l’avenir du football africain »
Me Augustin Senghor estime que cette décision qu’il qualifie de « surprenante » et de « choquante » constitue un précédent dangereux pour l’avenir du football africain. « Cette décision, c’est une décision surprenante. Je vais même utiliser un mot fort, choquante et qui pose quelque chose de très grave pour l’avenir du football africain, et même mondial, parce que c’est un prêt d’esprit, c’est un danger. Quand une commission juridictionnelle se permet de se substituer à l’arbitre qui tient des discussions des lois du jeu définies validées par la FIFa et faire gagner un pays en lui donnant un trophée continental d’une compétition de ce niveau-là, c’est un précédent dangereux. En tout cas dans le football mondial, de mémoire de dirigeants de football, je n’ai pas souvenance d’un cas comme ça. Et si cela passe, ce sera quand même une menace très grave pour l’avenir du football africain.
« Il faut un sursaut qui nécessite la réaction pas seulement du Sénégal, mais de tout un continent »
Devant cette situation le président Augustin Sénégal plaide pour un sursaut et une réaction à l’échelle continentale afin de changer la don
« Je dois dire aussi que le football africain n’avait pas besoin de ça.On a déjà assez de problèmes d’une image assez écornée. On devait s’abstenir de crever, je dirais, le plafond de la mauvaise organisation et de situations incompréhensibles pour ce continent et pour son football. Ce qui n’est pas tolérable ailleurs ne doit pas l’être sur notre continent, c’est trop, c’est trop. Nous ne sommes pas la dernière roue de la charrette. Il faut qu’on se batte pour changer la donne. Que ce soit à la FIFA ou ailleurs, que les gens nous respectent plus et que nous-mêmes, on se respecte. Parce qu’il s’agit d’un sursaut qui nécessite la réaction, pas seulement du Sénégal, mais de tout un continent, c’est mon avis», défend-t-il.
« On a des arguments juridiques »
Dans cet élan, il appelle à la mobilisation et l’union pour mener la bataille juridique autour du dossier et le gagner. « Il y a des moments où il faut faire bloc. Il faut d’abord se battre, mettre en avant ce qui peut nous faire gagner ce combat-là, plutôt que de chercher à situer des responsabilités. Il y a des autorités dans ce pays. Nous avons une fédération qui est allée à la conquête du trophée. Il y a des joueurs qui se sont battus sur le terrain. On a gagné ce trophée dans un match qui s’est déroulé normalement. Si nous faisons l’erreur d’essayer de se tirer les uns sur les autres, nous faisons fausse route. Dans certains moments, nous Sénégalais, on doit nous oublier, oublier tout ce qui peut nous diviser et nous unir vers l’essentiel. Il y a des moments où je pense qu’il faut qu’on se retrouve autour de l’essentiel, comme je l’ai dit et qu’on travaille sur un dossier. On a des arguments juridiques. J’ai fait les commissions juridictionnelles de la CAF, j’ai été vice-président de la commission disciplinaire. J’ai été membre de la commission de recours pendant plusieurs années, jusqu’à maintenant, j’ai été président de la commission juridique de la CAF », lance-t-il.
Omar DIAW
SUDQUOTIDIEN

