Pacte de stabilité sociale : Le Pm face aux crises

Entre dialogue de sourds et avancées historiques, le paysage syndical sénégalais s’agite. Si le gouvernement mise sur le Pacte de stabilité sociale pour pacifier le front social ce lundi, la structure And Gueusseum choisit le retrait. Entre l’exigence d’indemnités de logement pour les agents de santé et le satisfecit sur les départs négociés à La Poste, Mballo Dia Thiam redéfinit les priorités de sa base.

Par Amadou MBODJI – Le gouvernement franchit une étape décisive dans sa quête d’apaisement du climat social. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a présidé, ce lundi, la réunion du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale. Si cette rencontre se veut un levier stratégique pour la relance économique et la paix civile, elle devra se passer de l’alliance syndicale And Gueusseum, qui a choisi de ne pas siéger à la table des discussions.

Pour Mballo Dia Thiam, président d’And Gueusseum, la décision est avant tout une question de cohérence juridique et syndicale. «And Gueusseum ne participera pas à cette rencontre d’évaluation, car nous ne sommes pas signataires de ce pacte», a-t-il tranché. Selon lui, la structure ne peut s’engager dans le suivi d’un document dont elle n’a pas paraphé les termes ini­tiaux.

And Gueusseum décline l’invitation

Malgré cette absence, l’organisation reste active sur le front des revendications. M. Thiam a rappelé avoir été entendu samedi par le Haut-conseil du dialogue social (Hcds). A cette occasion, il a réitéré des exigences jugées «incompressibles» pour les travailleurs de la santé : l’octroi de l’indemnité de logement, la sécurisation des plans de carrière et la concrétisation de l’assiette foncière de Daga Kholpe, promise par l’ancien Président Macky Sall.

Au-delà des griefs, Mballo Dia Thiam a tenu à saluer une avancée majeure dans un autre secteur en crise : celui de La Poste. Contrairement aux critiques émises par certains pôles syndicaux, le leader d’And Gueusseum a magnifié l’accord facilitant les départs négociés pour motifs économiques.

«Nous saluons cet accord historique qui a permis d’éviter des licenciements secs sans indemnités», a-t-il déclaré. Grâce à une enveloppe gouvernementale de 3 milliards de F Cfa, les agents volontaires au départ ont pu bénéficier de primes allant de 7 à 30 millions de F Cfa, voire 50 millions dans certains cas.

M. Thiam a conclu en félicitant la direction de La Poste, le gouvernement, ainsi que les responsables syndicaux, no-tam­ment Amath Diouf (Sntp) et le Sypost, pour avoir privilégié une solution sociale con­crète en attendant le traitement des dossiers des autres candidats au départ volontaire.

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