Jugé pour diffusion de fausses nouvelles : COD délesté de 500 mille francs CFA

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict hier dans l’affaire opposant le Ministère public à Cheikh Omar Diagne. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, il a été reconnu coupable, mais échappe à la prison ferme ; une issue qui suscite déjà de vives réactions sur l’égalité de traitement devant la Justice sénégalaise.

Un verdict financier sans détention pour COD. Après avoir été placé sous mandat de dépôt le 9 mars dernier, le sort de Cheikh Omar Diagne est désormais fixé. Le Tribunal, statuant en matière de flagrant délit, a retenu la culpabilité de l’intéressé pour les faits de diffusion de fausses nouvelles. Toutefois, la juridiction a fait preuve d’une certaine clémence sur la forme de la sanction. La peine prononcée se limite à une amende de 500 mille F Cfa. Cette sanction pécuniaire, confirmée par son conseil à la sortie de l’audience, écarte définitivement toute peine d’emprisonnement ferme pour ce dossier, permettant à Cheikh Omar Diagne de recouvrer la liberté.

Si le clan Diagne peut souffler, cette décision laisse un goût amer à une partie de la Société civile. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de «justice à deux vitesses». L’organisation pointe du doigt une disparité flagrante dans la gestion des délais procéduraux entre deux dossiers quasi identiques. Il cite le cas Abdou Nguer : poursuivi pour les mêmes chefs d’accusation, il a été placé sous mandat de dépôt le 18 février 2026. Son procès a été renvoyé au 20 mars, prolongeant ainsi sa détention préventive. Il fait un parallélisme avec celui de Cheikh Omar Diagne, placé sous mandat de dépôt le 9 mars, son dossier a été retenu et jugé séance tenante ce 11 mars, soit seulement 48 heures plus tard.

Une «rupture d’égalité» dénoncée par le Fdj

Pour Babacar Ba, cette différence de traitement constitue une «véritable rupture d’égalité entre citoyens devant la loi». Selon le défenseur des droits de l’Homme, cette célérité sélective est de nature à fragiliser l’institution judiciaire. «Une telle attitude alimente des suspicions légitimes à l’encontre de la Justice et renforce le sentiment d’injustice au sein de l’opinion», a-t-il déploré dans une déclaration officielle.
Le Forum du justiciable appelle désormais à un respect rigoureux du principe d’égalité, pilier de l’Etat de Droit, afin de garantir la crédibilité de la Justice sénégalaise et de protéger les droits fondamentaux de tous les justiciables, sans distinction.

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