Campagne arachidière 2025 : La Sonacos franchit la barre des 205 000 tonnes
Invité de l’émission « Le Ndogou » de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs), le samedi 7 mars, le directeur général de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), El Hadji Ndane Diagne, a dressé un bilan d’étape de la campagne arachidière. À date, 205.000 tonnes ont été collectées.
Moins de trois mois après le lancement de la campagne de commercialisation, la Sonacos a déjà collecté plus de 205.000 tonnes d’arachide, un volume inédit depuis 20 ans. Ce résultat répond, sur le terrain, à l’instruction gouvernementale d’accroître les achats pour soulager les producteurs. Pourtant, des tensions ont marqué le début de la campagne, alimentées par des appels à l’exportation qui se sont, pour l’heure, révélés infructueux. « À la date d’hier, vendredi 6 mars, nous avions collecté plus de 205.000 tonnes », a révélé le directeur général de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos). El Hadji Ndane Diagne était l’invité de l’émission « Le Ndogou » de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) le samedi 7 mars. Il a souligné que ce chiffre constitue « le record de collecte des 20 dernières années ». À titre de comparaison, le précédent pic s’établissait, selon lui, à 204.000 tonnes en 2011, loin devant les 122.000 tonnes de 2019. Ce bond spectaculaire répond, en effet, à une injonction claire du Premier ministre, soucieux d’amortir le choc d’une production excédentaire. Initialement, la Sonacos avait calibré son objectif à 200.000 tonnes, sur la base de ses propres prévisions et des contraintes budgétaires. « Pour soulager les producteurs, le Premier ministre a demandé d’aller jusqu’à 450.000 tonnes », explique le Dg de la Sonacos, rappelant que la campagne qui s’étend jusqu’à fin avril est encore loin d’être achevée, notamment dans les centres et le sud du pays.
Derrière cette performance, M. Diagne insiste sur la fiabilité des outils de prévision utilisés par la société nationale. À côté des données officielles de la Direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dapsaa), la Sonacos s’appuie, par ailleurs, sur des images satellites et des partenariats techniques rodés.
Sur un autre registre, El Hadji Ndane Diagne met toutefois en avant la réalité d’un marché mondial peu porteur : pour être compétitifs, les exportateurs potentiels devraient proposer un prix d’achat aux producteurs largement inférieur au tarif garanti par l’État. « La meilleure façon qu’ils peuvent avoir d’exporter, c’est d’acheter l’arachide à un prix bien en deçà du prix fixé », résume-t-il, dissipant ainsi l’illusion d’une rentabilité facile.
Ce passage permet, en effet, au dirigeant de souligner l’effort consenti par les pouvoirs publics pour préserver le revenu des paysans, dans un contexte de cours mondiaux déprimés. Une pique à peine voilée contre ceux qui, selon lui, tentent d’instrumentaliser la cause paysanne à des fins spéculatives.
Au-delà de l’urgence de la campagne, le Dg de la Sonacos entend inscrire son action dans la durée. Les réformes, a-t-il martelé, ne sont plus à l’état de projet ; elles sont engagées. Leur premier pilier, a ajouté M. Diagne, est une nouvelle gouvernance « basée sur l’éthique, la performance et le sens des responsabilités ». Mais, c’est sur le volet industriel que l’ambition est la plus tangible. L’État a débloqué, entre autres, une enveloppe de 25 milliards de FCfa pour le renouvellement de l’infrastructure de la Sonacos. Les appels d’offres ont été lancés, les offres dépouillées et les fournisseurs présélectionnés selon des critères stricts de qualité et d’adéquation avec les objectifs stratégiques.
Pathé NIANG

