Armées : les invalides et mutilés de guerre abandonnés à leur sort

Les militaires invalides et grands mutilés de guerre du Sénégal continuent d’alerter sur la précarité dans laquelle vivent nombre d’entre eux. Dans un entretien accordé à Walf Quotidien, dans son édition de ce vendredi, leur porte-parole, Hamed Adama Sy, affirme que ces anciens soldats, qui ont servi la nation au prix de lourds sacrifices, se sentent aujourd’hui insuffisamment pris en charge par l’État.

Selon lui, la principale revendication concerne la revalorisation des pensions militaires d’invalidité. Les anciens combattants demandent une modification de la loi 67/42 régissant le code des pensions militaires d’invalidité, estimant que les montants actuels ne permettent plus de faire face au coût de la vie. Ils réclament également une meilleure prise en charge médicale, l’augmentation du nombre de pharmacies agréées et le règlement des arriérés dus aux officines qui refusent désormais parfois leurs ordonnances faute de remboursement.

Hamed Adama Sy explique que les négociations entamées avec les autorités avaient prévu le versement d’une prime exceptionnelle comprise entre deux et cinq millions de francs CFA selon le degré d’invalidité, ainsi que l’instauration d’une prime mensuelle pouvant atteindre 400 000 francs pour les cas les plus graves. Mais plusieurs bénéficiaires n’auraient toujours rien perçu et la question de la prime mensuelle reste, selon lui, le principal point de blocage.

Le porte-parole évoque également les difficultés d’accès aux soins. Le carnet de soins gratuits dont bénéficiaient les invalides a été remplacé par une carte à puce qui, selon lui, limite désormais l’accès à certains médicaments. Faute de moyens, certains mutilés doivent emprunter de l’argent ou compter sur leurs proches pour se soigner.

Les problèmes liés aux prothèses aggravent encore leur situation. Si leur remplacement est théoriquement gratuit dans les centres d’appareillage, les bénéficiaires se heurtent souvent à des ruptures de matériel. Certains sont contraints de recourir à des solutions de fortune pour protéger leur moignon ou prolonger la durée de vie de leur appareil.

Face à ces difficultés, les invalides et mutilés de guerre disent attendre une audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko. Un mémorandum leur a été adressé, mais ils affirment n’avoir reçu aucune réponse pour le moment, rapporte Walf Quotidien.

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