Après la mort de Khamenei, qui pour diriger l’Iran?

Après l’élimination du guide suprême dans une frappe conjointe d’Israël et des États-Unis, l’Iran a enclenché un processus de transition inédit. Deux scénarios s’affrontent: reconstitution du régime ou effondrement.

Il aura régné 36 ans sur la République islamique d’Iran. Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran depuis 1989, a été tué samedi dans une frappe coordonnée d’Israël et des États-Unis. Avec lui, c’est une partie de l’appareil au sommet de l’État iranien qui s’effondre, laissant le pays face à une question existentielle: qui pour lui succéder?

Une hécatombe au sommet, des remplaçants déjà nommés

Selon Donald Trump, 48 hauts responsables ont été tués dans les frappes. Parmi les morts confirmés par la télévision iranienne: le chef d’état-major Abdolrahim Moussavi, le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour, le ministre de la Défense Aziz Nassirzadeh. Une décapitation en règle de l’appareil militaro-religieux.

Le régime a répondu avec une rapidité qui dit tout de sa capacité de survie: Ahmad Vahidi, jusqu’alors ministre de l’Intérieur, a été nommé commandant en chef des Gardiens. Un Conseil de transition a été mis en place autour du président Massoud Pezeshkian. Et c’est le dignitaire religieux Alireza Arafi qui assure le rôle de guide suprême par intérim, dans l’attente de l’élection d’un successeur permanent par le Conseil des experts.

Ali Larijani, le nom qui circule déjà

Officieusement, un nom s’impose dans les couloirs du pouvoir: Ali Larijani. Ancien président du Parlement, ex-ministre et conseiller de Khamenei, il est un fidèle parmi les fidèles du régime. Mais ce qui rend sa candidature particulièrement intéressante, c’est qu’il serait aussi perçu par certains analystes comme un interlocuteur acceptable pour Washington, capable de garantir une stabilité et de servir les intérêts américains dans la région.

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Cette hypothèse éclaire d’un jour nouveau la déclaration sibylline de Donald Trump. Interrogé par un journaliste d’ABC News sur l’identité du prochain dirigeant iranien, le président américain a répondu : « Nous en avons une très bonne idée. » Une formule qui suggère que Washington entend peser sur la succession.

Continuité du régime ou effondrement: deux scénarios

Le scénario le plus probable reste celui d’une reconstitution du système. Les Gardiens de la Révolution, près de 200.000 hommes qui contrôlent de facto l’économie iranienne autant que ses forces armées, formant selon le chercheur David Khalfa « un empire dans un empire« , ont démontré leur capacité à absorber les chocs. Les nominations en cascade depuis samedi en sont la preuve.

Mais Washington et Tel-Aviv affichent un objectif plus radical: un changement de régime. La mort du guide est présentée par les deux capitales comme une étape dans ce processus. Une ambition qui se heurte à un obstacle de taille: il n’existe pour l’heure aucune alternative politique crédible en Iran. Le fils du dernier Shah, Reza Pahlavi, est parfois avancé comme figure de substitution, mais il n’a pas remis les pieds dans le pays depuis 1978 et ne dispose d’aucun réseau structuré sur place.

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