Négociations de sortie de crise : L’État et le G7 loin d’une sortie de crise

Le climat social s’alourdit au Sénégal en ce début de mois de mars 2026. Tandis que l’alliance syndicale de la santé «And Gueusseum» annonce une radicalisation sans précédent, avec des grèves perlées et un boycott administratif total, le secteur de l’enseignement (G7) souffle le chaud et le froid après une série de rencontres avec le gouvernement. Entre promesses de logements à Mbour 4 pour les professeurs et dénonciation de ponctions salariales «punitives» chez les agents de santé, les organisations syndicales maintiennent la pression sur l’Exécutif pour l’apurement définitif du passif social.

A la suite d’une série de rencontres tenues les 25, 26 et 27 février 2026, les syndicats d’enseignants regroupés autour du G7 dressent un bilan mitigé de leurs échanges avec le gouvernement. Si des engagements concrets ont été pris concernant la question du logement et le statut des décisionnaires, l’examen du passif social des anciens protocoles reste dans l’impasse, provoquant une suspension des travaux sine die.

Le premier volet des négociations, ouvert le 25 février sous l’égide de la Direction générale de la Fonction publique (Dgfp), a porté sur la mise en application de deux décrets relatifs au statut des décisionnaires. La partie syndicale a transmis un document exhaustif listant ses exigences. Parmi les points saillants, figurent le relèvement optionnel de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation de la pension de retraite à 85% du dernier salaire, l’harmonisation des cotisations sociales pour tous les statuts d’enseignants, la ga­rantie de l’imputation budgétaire pour sécuriser ces réformes.

Le «passif social» : le point de rupture

Malgré un accord de principe pour examiner les protocoles non respectés de 2014, 2018 et 2022, les discussions ont achoppé lors de la séance du jeudi 26 février. Le G7 a présenté un état des lieux détaillé des manquements gouvernementaux, mais s’est heurté à une «incapacité» du gouvernement à répondre à l’exercice. En conséquence, le Dgfp a sollicité la suspension des travaux, reportant les discussions à une date indéterminée.

Une lueur d’espoir sur le dossier du logement

Le ton a semblé plus constructif lors de la rencontre du vendredi 27 février, présidée par le ministre de la Fonction publique en présence du Ministre de l’urbanisme, des collectivités territoriales et de l’aménagement des territoires (Muctat). Le G7 a fermement déploré le retard dans l’attribution des parcelles et titres de propriété promis. En réponse, le gouvernement a pris plusieurs engagements de taille : l’instauration d’un suivi régulier pour vider le passif lié à l’habitat avec des rencontres mensuelles, la mise sur pied d’un comité ad hoc pour étudier toutes les situations particulières des organisations syndicales et le projet «Zac de Mbour 4», avec le lancement imminent d’une première phase de 200 unités de logements en location-vente, intégrée dans un programme national d’écoquartiers.
Alors que le 5ème plan d’actions du G7 se poursuit, ces engagements sur le terrain de l’urbanisme suffiront-ils à apaiser la fronde sociale ? L’ombre du passif social non résolu plane toujours sur la stabilité de l’année scolaire.

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