France: une étude pointe le manque de représentativité des élus noirs dans les conseils municipaux
En France, les dernières listes pour les élections municipales doivent être déposées jeudi 26 février, dernier délai. Pour les partis, un enjeu est au cœur de la constitution de ces listes : la représentation de la diversité de la population française. Le Conseil représentatif des associations noires a publié en janvier une enquête très critique sur l’actuel manque de représentation des élus noirs au sein des conseils municipaux.
Cette enquête recense le nombre d’élus noirs dans les conseils municipaux des dix plus grandes villes françaises. Elle en dénombre seulement 20 sur 731 élus, soit même pas 3 %.
« On constate, dans cette étude, que malheureusement toutes les grandes villes sont des villes gangrenées par le racisme antinoir et institutionnel qui, aujourd’hui, élimine une partie de la population du pouvoir », déplore Aïdari Nassurdine, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran).
Tous les partis politiques sont concernés, à gauche comme à droite.
L’étude du Cran dénonce notamment les écologistes, un parti qui se dit en lutte contre les discriminations, mais intègre pourtant très peu d’élus afrodescendants dans les conseils municipaux des villes qu’il dirige.
La porte-parole du parti Aminata Niakaté dirige une mission pour plus de diversité : « Il y a eu des engagements qui ont été pris. On a même instauré des quotas, pour l’instant non contraignants, mais en tout cas une incitation à mettre des quotas de représentativité de personnes racisées, de personnes LGBTQIA+, de personnes en situation de handicap. Si, au sortir des municipales, on s’aperçoit que les têtes de liste n’ont pas joué le jeu, il faudra qu’on prenne des mesures encore plus fortes. »
Pour le président du Cran, l’objectif est donc d’envoyer un signal fort. Son but : un classement moins problématique à l’horizon des prochaines municipales.

