Ousmane Sonko relève les faibles capacités de transformation et les énormes potentialités de la filière peaux et cuirs
Dakar, (APS) – Le Premier ministre a relevé, mercredi, à Dakar, les faibles capacités de transformation de la filière peaux et cuirs au Sénégal, qui peut, d’après lui, générer quelque 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires de 1 549 milliards de francs CFA.
‘’Les capacités de transformation sont limitées. Ainsi, plus de 70 % des peaux sénégalaises sont exportées à l’état brut, ce qui entraîne une perte de valeur ajoutée significative conjuguée à l’existence d’un circuit parallèle informel d’exportation sans transformation locale’’, a signalé Ousmane Sonko en intervenant au Conseil des ministres.
‘’Malgré un cheptel important et un savoir-faire artisanal reconnu, le taux de transformation locale des cuirs et peaux est inférieur à 5 %, ce qui limite la valorisation de cette matière première’’, a signalé M. Sonko.
Il ajoute que ‘’cette filière présente, à l’horizon 2034, un potentiel de plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires de plus de 1 549 milliards de francs CFA’’.
‘’Ainsi, elle peut devenir un levier majeur d’inclusion économique, en favorisant l’insertion des jeunes et des femmes, en consolidant la formalisation des acteurs et en améliorant durablement les revenus dans les territoires’’, rapporte la secrétaire d’État chargée des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Marie Rose Faye.
La filière peaux et cuirs est ‘’l’une des composantes à fort effet d’entraînement pour l’économie nationale’’, en lien avec le Plan spécial d’investissement et de financement 2026-2028, a-t-elle ajouté en citant le Premier ministre.
Érection d’une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs et peaux
Ousmane Sonko estime que ‘’le Sénégal bénéficie d’un potentiel important en matière de production de peaux’’, une production ‘’principalement issue de l’élevage des bovins, des ovins et des caprins’’.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, il a fait remarquer que le développement de cette filière est une opportunité majeure pour renforcer l’industrie nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée, notamment dans les domaines de la maroquinerie, de l’habillage intérieur automobile et du mobilier.
‘’Le Premier ministre souligne que le potentiel de cette filière érigera les pôles-territoires centre et ouest en cœur industriel du cuir sénégalais’’, lequel est appelé ‘’à devenir l’espace prioritaire de structuration de la filière, de modernisation de la production et de montée en gamme industrielle’’.
‘’Le Premier ministre rappelle que l’objectif est de bâtir […] un écosystème territorial intégré autour des peaux et cuirs, qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production modernisée […] aux services d’appui, en passant par la transformation industrielle en produits finis et la commercialisation locale et internationale’’, rapporte Marie Rose Faye.
Ousmane Sonko est d’avis que ‘’les initiatives de modernisation doivent permettre l’érection d’une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs, peaux et phanères, ainsi que le développement de l’industrie du tannage’’.
‘’Le Premier ministre a [demandé aux] ministres concernés [de] prendre toutes les mesures pour la conception et la mise en œuvre d’un projet intégrateur de développement artisanal et industriel de la filière peaux et cuirs’’, qui soit ‘’conforme aux orientations liées à la territorialisation des politiques publiques et à la stratégie nationale d’investissement favorisant les investissements privés’’, note Mme Faye.
‘’Abordant la nouvelle politique agricole, à finaliser au plus tard au mois de mai 2026, [M. Sonko] a rappelé les grandes orientations relatives notamment au financement, aux subventions, au foncier, à la production, à l’industrie, aux infrastructures et aux partenariats’’, ajoute la porte-parole du gouvernement.
ESF

