Éthiopie: le Premier ministre accueille en grande pompe le président turc à Addis-Abeba

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait escale en Éthiopie où il ne s’était plus rendu en visite depuis 11 ans, ce mardi 17 février. Avec le Premier ministre Abiy Ahmed, celui-ci a notamment signé deux accords économiques majeurs en vue de relancer la coopération économique et sécuritaire turco-éthiopienne, sur fond de fortes tensions entre Addis-Abeba et Asmara.

Par : RFI

Dans le cadre d’une tournée qui l’a conduit en Arabie saoudite et en Égypte, le président turc a également fait escale en Éthiopie, ce mardi 17 février, pour y célébrer le 100e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques officielles entre les deux pays.

Cavalerie, fanfare, défilé militaire et réception au Palais national tout juste rénové – l’ancien palais impérial d’Hailé Selassié : pour l’occasion, Recep Tayyip Erdogan a été reçu en grande pompe, manière de souligner l’importance que revêt pour Addis-Abeba cette première visite du président turc depuis 11 ans.  

Selon le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui a vanté sur son compte X « l’amitié durable » et « la coopération solide » entre la Turquie et l’Éthiopie, les deux dirigeants ont eu des discussions approfondies pour relancer leur coopération économique et sécuritaire sur fond de fortes tensions entre Addis-Abeba et Asmara, rappelle notre correspondante Marlène Panara.

L’un et l’autre ont notamment profité de l’occasion pour signer deux accords économiques majeurs, sur le plan énergétique en particulier.  « La Turquie tente de se positionner comme un partenaire stratégique de l’Éthiopie, en particulier dans le domaine de l’hydroélectricité où Ankara met en avant son savoir-faire et son expertise. Pour elle, l’opportunité est d’autant plus grande qu’en parallèle, l’Éthiopie souhaite développer ce secteur au-delà du grand barrage de la Renaissance », analyse Federico Donelli, professeur de relations internationales à l’université de Trieste.

Avec près de deux milliards et demi de dollars d’investissements en Éthiopie en 2025, la Turquie est par ailleurs le deuxième plus grand investisseur étranger dans le pays après la Chine.

« Il est évident que l’Éthiopie essaie d’obtenir des armes de la Turquie »

Mais alors que cette visite du président turc intervient à un moment où le ton monte à nouveau entre l’Éthiopie et l’Érythrée, celle-ci soulève également une question : en invitant Recep Tayyip Erdogan à Addis-Abeba, Abiy Ahmed ne chercherait-il pas, une fois encore, à renforcer son arsenal militaire avec du matériel turc, comme lorsque l’Éthiopie avait acquis des drones turcs en pleine guerre au Tigré, en 2021 ?

« Depuis la guerre au Tigré, le gouvernement turc fournit de la main d’oeuvre ainsi que des accessoires pour les drones au gouvernement éthiopien. Alors qu’aujourd’hui, il existe un conflit en Oromia, en région Amhara, ainsi qu’un autre, latent, avec les forces tigréennes, il est évident que le gouvernement éthiopien essaie d’obtenir des armes de la Turquie », répond à ce propos le chercheur indépendant spécialiste des relations turco-éthiopiennes Esayas Bamlack Bishaw.

De son côté, le président turc est également revenu sur la situation dans la Corne de l’Afrique, affirmant d’abord que les pays de la région devaient régler leurs problèmes entre eux pour ne pas devenir « une arène pour les puissances étrangères ». Puis, celui-ci en a profité pour critiqué une nouvelle fois  la reconnaissance du Somaliland par Israël en décembre dernier, déclarant que cela « ne profiterait ni au Somaliland ni à la Corne de l’Afrique »… alors que l’Éthiopie entretient des relations étroites avec la régions séparatiste de la Somalie. 

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