Arachide : les producteurs obligés de se rabattre sur la Gambie
Malgré les décisions de l’État d’ouvrir le marché extérieur et d’apporter d’autres ressources additionnelles permettant à la Sonacos de collecter le maximum de graines pour subvenir à ses besoins en matières premières, la morosité du marché de l’arachide se confirme de plus en plus dans la région de Kaolack. Près d’un mois après la prise de ces dispositions étatiques, les producteurs sont restent toujours sur leur faim. Car, ils n’arrivent pas à écouler les restes de la production dont l’essentiel a été absorbé par le marché noir autrement appelé “Mbapatt”.
Cette mévente incontrôlable pousse aujourd’hui les paysans à se rabattre sur la Gambie pour écouler leurs productions. A chaque fois qu’un besoin se présente en eux, ces producteurs n’hésitent pas à louer des charrettes à des coûts élevés ou prendre leurs propres moyens de transport pour aller vendre leurs produits dans ce pays et revenir à leurs familles, malgré la chute du Dalasi par rapport au CFA. Sur le terrain par contre, le constat est là. Depuis l’arrêté autorisant les opérateurs étrangers à entrer au Sénégal et acheter les graines d’arachide, près de quatre (4) semaines se sont écoulées.
Partout au niveau des points de vente et sur les abords des champs, pas un seul opérateur n’est présent pour soulager les paysans. Alors que ces derniers, profitant de l’ouverture du marché extérieur, sont obligés de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour traverser la frontière ou rester à ses abords le temps d’écouler leurs stocks d’arachide pour satisfaire leurs besoins. A quelques heures du démarrage du Ramadan, leurs déplacements vers la Gambie se multiplient de plus en plus car il est aussi de leurs préoccupations de vendre leurs arachides pour supporter les lourdes charges qui les attendent en ce mois de bénédiction.
ABDOULAYE FALL
SUDQUOTIDIEN

