Exploitations pastorales: un milliard de FCFA annoncé pour la modernisation
Au terme d’une tournée dans les régions de Louga et Matam, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (Masae), le Dr Mabouba Diagne, a détaillé dans un document, samedi 14 février, à Ranérou, un portefeuille d’investissements dépassant 1.007.434.859 FCfa dans le cadre du Pdeps. Un effort financier massif centré sur l’eau, les infrastructures pastorales et la structuration des filières.
Dernière étape d’une tournée nationale consacrée aux zones pastorales, Ranérou Ferlo a servi, samedi 14 février 2026, de point d’aboutissement à trois jours d’immersion ministérielle entre Louga et Matam. Dans ce territoire emblématique du pastoralisme sénégalais, confronté à la rareté de l’eau et à la fragilité des ressources fourragères, le gouvernement entend faire de l’investissement public un levier de transformation structurelle. Au cœur de cette stratégie figure un montant de 1.007.434.859 FCfa. C’est l’enveloppe globale des réalisations prévues ou en cours dans le département de Ranérou au titre du Projet de développement durable des exploitations pastorales au Sahel (Pdeps). À ce stade, le taux d’exécution physique atteint 87 % pour une exécution financière de 79 %, signe d’une mise en œuvre avancée.
Dans le détail, les infrastructures hydrauliques absorbent la part la plus importante des crédits. Trois forages avec réseaux d’adduction d’eau potable, implantés notamment à Oudalaye et à Vélingara Ferlo, représentent 436.613.263 de FCfa avec un taux d’exécution physique de 56 %. La réhabilitation d’un forage à Dendoudi Dow mobilise, elle, 82.610.235 de FCfa supplémentaires. Parallèlement, 156.622.266 de FCfa sont consacrés aux travaux d’ouverture et de réhabilitation de pare-feu, essentiels dans une zone exposée aux feux de brousse. À ces investissements s’ajoutent des équipements structurants : construction d’un bloc de 20 bergeries (67.010.680 de FCfa), réalisation d’un marché à bétail à Ranérou (31.778.200 de FCfa), mise en place de parcs à vaccination, installation de cabinets et d’une clinique vétérinaire privée. L’appui à l’insémination artificielle et la mise à disposition de géniteurs de la race « ladoum » complètent le dispositif visant à améliorer la productivité et la qualité génétique du cheptel. Une architecture financière élargie Le Pdeps ne constitue toutefois qu’un pilier parmi d’autres. Le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps) prévoit, par exemple, un forage pastoral déjà réalisé à Loumbi Nialby, la construction du poste vétérinaire d’Oudalaye et l’achèvement à 80 % du marché à bétail de Vélingara Ferlo, dont la réception est attendue au deuxième trimestre 2026.
Aussi, sept parcs à vaccination sont en cours de construction pour un montant global de 70 millions de FCfa. Le Fonds de résilience et de sécurité pastorale (Frsp) mobilise, de son côté, 375 millions de FCfa pour financer les chaînes de valeur animales via des mécanismes de « matching grants » tout en soutenant la création de périmètres fourragers de 200 hectares et la construction de parcs et postes vétérinaires. Le Programme national de développement des industries animales et d’exportation (Pndies) prévoit notamment la diffusion du poulet fermier au profit d’au moins 600 femmes et la mise en place d’une unité de fabrication d’aliments de volaille dotée de 35 millions de FCfa. Par ailleurs, le Fonds de stabilisation (Fonstab) affiche 126 projets financés pour un montant total de 334.221.670 de FCfa. Le taux de remboursement s’élève cependant à 49 %, avec des impayés estimés à 177.798.075 de FCfa ; ce qui interroge sur la soutenabilité financière de certains dispositifs. À Ranérou, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le Dr Mabouba Diagne, a rappelé que « dans le Ferlo, l’eau est le point de départ de tout développement pastoral ».
Dans cette région où l’élevage structure l’économie locale, l’accès sécurisé à l’eau conditionne la santé du cheptel, la production laitière, la stabilité des ménages et la prévention des conflits liés aux ressources. Financé par la Banque islamique de développement (Bid) et l’État du Sénégal à hauteur de 33,9 millions de dollars, soit environ 19,6 milliards de FCfa, le Pdepa intervient dans plusieurs régions stratégiques. Dans les départements de Linguère et de Ranérou, les investissements dépassent respectivement 1,54 milliard et 1 milliard de FCfa. Au terme de cette tournée, 33 actions prioritaires ont été annoncées pour changer d’échelle dans le département. L’ambition affichée est de transformer le potentiel sylvo-pastoral en moteur de croissance inclusive et d’inscrire durablement le Ferlo dans une trajectoire de souveraineté alimentaire.
Pathé NIANG
LESOLEIL

