Situation économique difficile du pays : Ousmane Sonko pointe la dette « cachée » et réaffirme la reddition des comptes
En tournée politique dans le département de Guinguinéo, le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé le manque d’infrastructures sociales à Fass Barigo, tout en évoquant la situation économique du pays. Il a notamment imputé les difficultés actuelles à une dette « cachée » héritée de l’ancien régime, réaffirmant au passage la détermination du pouvoir à poursuivre la reddition des comptes.
Le Premier ministre, Ousmane Sonko a rejoint ce week-end le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sur le terrain, loin de la capitale. Accueilli par une foule de partisans dans la commune de Fass Barigo, première étape de sa tournée politique dans le département de Guinguinéo (région de Kaolack), le leader de Pastef a dénoncé l’absence d’équipements sociaux de base dans cette localité. « Cette commune n’est pas aussi petite qu’on le pense. De 1960 à 2026, cela fait 66 ans que les mêmes revendications reviennent : écoles, accès à l’eau potable, poste de santé. Ce n’est pas normal », a-t-il martelé. Poursuivant son intervention, Ousmane Sonko a précisé l’objectif de cette tournée politique. « Nous sommes ici pour vous écouter, connaître vos maux et essayer d’apporter des solutions. Nous n’avons pas peur des critiques, c’est pour cela que nous sommes là aujourd’hui », a-t-il déclaré, avant de revenir sur la situation économique jugée difficile du pays.
Selon le chef du gouvernement, « le Sénégal n’a aujourd’hui qu’un seul problème sur le plan économique : la dette contractée et cachée par le régime précédent ». Il a expliqué que cette dette dite « cachée », estimée à près de 7 000 milliards de FCFA, « n’a pas été votée par l’Assemblée nationale ». « C’est cette dette qui constitue le principal problème du Sénégal aujourd’hui », a-t-il soutenu, tout en soulignant que, malgré cette situation, le régime actuel a procédé à des baisses sur les prix de plusieurs denrées et à une diminution du coût de l’électricité. Il a promis une amélioration progressive de la situation « d’ici quelques années ».
Abordant la question de la reddition des comptes, le leader du parti au pouvoir a accusé les partisans de l’ancien régime de manipulation. « Ils veulent faire croire aux populations que nous sommes venus régler des comptes. Nous ne sommes venus régler des comptes avec personne. Personne n’est poursuivi sur la base de la volonté d’Ousmane Sonko », a-t-il affirmé. Selon lui, les poursuites judiciaires en cours font suite à des rapports de la Cour des comptes, de l’Inspection générale d’État (IGE) et de l’Ofnac, établis avant même l’accession du nouveau régime au pouvoir. Interpellant son auditoire, il a lancé : « Êtes-vous d’accord qu’on laisse ces gens vaquer tranquillement à leurs occupations ? Si le peuple est d’accord, alors le Sénégal dou meussa bakh (le Sénégal n’avancera jamais). »
Concluant sur ce volet, Ousmane Sonko a mis en garde les responsables de son propre camp contre toute dérive. « Ceux qui détourneront les deniers publics seront poursuivis. Si j’apprends qu’Ismaïla Diallo, premier vice-président de l’Assemblée nationale et coordonnateur départemental de Pastef à Guinguinéo, a détourné ne serait-ce que 500 000 FCFA de l’État, je transmettrai immédiatement son dossier à la justice. Je veux que cela soit clair pour tout le monde », a-t-il prévenu.
Nando Cabral Gomis
SUDQUOTIDIEN

