Justice – Grève de la faim des 18 supporters sénégalais : Les éclairages du procureur et de l’avocat
Les 18 Sénégalais détenus au Maroc, après des incidents lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can), suivent un «jeûne» par intermittence, a précisé, samedi, leur avocat à l’Afp, au lendemain de l’annonce d’une grève de la faim de ces supporters.
Les 18 supporters sénégalais sont poursuivis pour «hooliganisme». Accusation incluant des actes de violence, notamment contre les Forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, ainsi que des jets de projectiles. La prochaine audience de leur procès est prévue jeudi prochain. Pour «protester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice», ils ont décidé de ne prendre que «le petit-déjeuner», et «le reste du temps, ils sont dans la prière et le recueillement», a assuré leur avocat, Me Patrick Kabou, évoquant «un jeûne» plutôt qu’«une grève de la faim». Dans un message relayé par Me Kabou la veille, les supporteurs s’étaient déclarés en «jeûne continu jusqu’au jour où la Justice marocaine (nous) permettra de nous exprimer».
Procureur : «Des repas fournis de manière normale et régulière»
Le procureur du Tribunal de première instance de Rabat a affirmé, samedi dans un communiqué, que les détenus bénéficient «de repas de manière normale et régulière». Selon une source proche du Parquet, le directeur de l’établissement a informé le procureur que «sept d’entre eux» ne s’étaient pas présentés au déjeuner vendredi, mais avaient «acheté de quoi se nourrir». Les supporters ont ensuite «pris le dîner» à la cantine de la prison, d’après cette même source.
Les détenus ont également dit, dans le message à leur avocat vendredi, ne pas comprendre les accusations dont ils font l’objet, affirmant avoir été interrogés «en français et en arabe», alors qu’ils ne parlent «que le wolof».
Selon le procureur, un interprète a traduit «l’intégralité des échanges» en français, «une langue comprise et parlée par l’ensemble des détenus sans exception». Contactées par l’Afp, les autorités sénégalaises ne se sont pas exprimées dans l’immédiat.
Pour rappel, le 18 janvier, lors de la finale de la Can à Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match chaotique et émaillé d’incidents. A la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain.
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(Avec Ahram)

